People in the City : Chinatown à la folie avec Ah Kwet Li

Pour s’imprégner de l’atmosphère du quartier de Chinatown, son histoire, ses traditions, ses habitants, ses vieilles boutiques, vous ne trouverez pas meilleur accompagnateur qu’Ah Kwet Li Kwong Ken, figure emblématique de cette partie si commerçante du centre de la capitale et membre actif de la Chambre de Commerce Chinoise (président en 2012 et 2013 de la 2e plus vieille chambre de commerce de la diaspora chinoise au monde). Port-Louis c’est toute la vie d’Ah Kwet Li et Chinatown son petit coin de nostalgie.

Entre la rue du Dr Joseph Rivière et la rue de la paix, Chinatown fascine toujours mais semble visiblement à un tournant. En marchant avec Ah Kwet Li l’on découvre à l’angle des rues Royal Street et Emmanuel Anquetil la plus vieille pharmacie du coin (voir photo) avec ses tiroirs de médecine traditionnelle chinoise; à quelques pas de là on entre dans le « China Times » ce quotidien historique écrit en mandarin et encore tiré à 800 exemplaires dans ce petit local autrefois bondé aujourd’hui presque vide; juste à côté, Ah Kwet Li nous montre la vieille porte d’une petite école où il allait parfois le samedi perfectionner son mandarin; puis devant un parking de fortune il nous raconte le terrible incendie de 1993 qui ravagea les plus beaux bâtiments en bois de la rue Royale dont la chambre de commerce. Un constat : Les vieilles constructions se font malheureusement de plus en plus rares et ses habitants souvent à l’étage, juste au-dessus des boutiques, de moins en moins visibles. « Petit à petit Chinatown perd son âme. Beaucoup de plats typiques ont disparu et l’architecture s’occidentalise, tout est bétonné » regrette Ah Kwet Li. Si la communauté chinoise de Maurice (sino-mauricienne) diminue et ne dépasse guère les 20 000 habitants (les plus jeunes qui partent souvent étudier à l’étranger ne revenant généralement pas), certains de ses habitants et commerçants résistent pour que l’âme historique du quartier perdure et se transmette de générations en générations. C’est le cas d’Ah Kwet Li qui soutient les initiatives culturelles comme le Nouvel An chinois (Maurice est le seul pays au monde en dehors de l’Asie du Sud Est à en faire un jour férié nous précise-t-il) et surtout le Chinatown Festival (qui réunit près de 80 000 personnes à chaque édition). Des évènements populaires qui font vivre la culture chinoise, ses traditions, sa musique, ses danses et sa cuisine, et réveille un quartier qui a perdu son lustre pas si lointain des années 80. « Port-Louis ne vivait que 2 nuits par an avec notre festival, maintenant la capitale vit 5 nuits par an avec Porlwi by Light » rigole Ah Kwet Li à l’initiative du Chinatown Festival fondé en Mai 2005. Un évènement culturel réjouissant, vite devenu incontournable sur notre île, et soutenu par le Ministère de la Culture Chinois qui chaque année met à l’honneur une province particulière de Chine et invite artistes, cuisiniers et danseurs de la province en question lors du festival.

Notre voyage dans Chinatown s’achève, plein d’histoires dans la tête et de rencontres, avec une folle envie d’y retourner au plus vite ! L’occasion est toute trouvée car durant les 3 soirs de Porlwi by Light Chinatown vibrera de musique et de performances artistiques. L’occasion de révéler des coins méconnus et plein de charmes de ce quartier d’histoire. D’ici là découvrez les souvenirs et coups de cœur d’Ah Kwet Li qui revient, pour le blog de Porlwi, sur sa vie dans cette capitale qu’il aime tant :

Que représente la ville de Port-Louis à vos yeux ? Port Louis, c’est toute ma vie. J’y suis né et j’y ai toujours vécu. De l’école à ma boutique familiale rue Joseph Rivière, je garde de merveilleux souvenirs. Cela fait 63 ans que mon quotidien, du travail au logement, se passe à Port-Louis !

Quel est votre lieu préféré à Port-Louis ? Aujourd’hui je vis rue Labourdonnais (NDLR: non loin du Champs de Mars) un quartier plus tranquille encore entouré d’arbres et proche des montagnes. Mais bien sûr mon coin préféré reste Chinatown, là où je travaille encore aujourd’hui et où j’ai passé toute mon enfance. Je connais par cœur toutes ses rues !

Quels sont vos meilleurs souvenirs de Port-Louis ?  Je regrette l’atmosphère d’antan si spéciale dans Chinatown : les retrouvailles le soir après le dîner entre voisins dans la grande cour des maisons, les jeux de billes dans le caniveau. Dans les années 70 et 80, il y avait des gens dans Chinatown jusqu’à minuit avec les matchs de basket au Heenfoh et Chan Stadium. Il y avait aussi l’Hôtel Onu et « gros p’tit » qui restaient ouverts jusqu’à fort tard. Il y a beaucoup de souvenirs marquants comme la célébration de la fête nationale de la République de Chine (le 1er octobre) qui durait 3 jours. Le quartier était en fête avec des chants, de la danse, du théâtre...

Quels sont les plus grands défis de Port-Louis ? Tout d’abord la sécurité, notamment le soir. Ensuite j’espère que les bâtiments seront rénovés et davantage mis en valeur comme peut le faire Porlwi by Light mais seulement durant 3 soirs. Port-Louis est devenu trop calme passé 17 heures. Mon rêve ? Que la capitale soit remplie d’activités jusqu’à très tard le soir, un peu à l’image des quartiers de Chinatown d’autres capitales !

The Porlwi Lab: a space of education and encounter

For some, the festival is a cultural awakening; for others, it is a learning platform or an opportunity to grow. With the conviction that Art will live through Education, the Porlwi Collective takes it one step further with the creation of the Porlwi Lab: an interactive, collaborative and safe space where people can openly discuss and engage in our Creative and Cultural Industries. “We want people to meet, debate, exchange, connect,” says Mélissa Leclézio, cultural mediator. “Education and skills transfer are key to us, and this is a great opportunity for artists and cultural entrepreneurs to share their knowledge and expertise with the public.” The Porlwi Lab will host stimulating lectures and conferences, comprehensive workshops and educational activities for people of all ages during the daytime. These happenings cover a range of areas such as urban regeneration, the economics of arts and culture, the cultural appropriation of food, the viability of creative industries, graffiti art… It is important to the Collective that the Lab events be free of charge and open to the public as it is about engaging the communities. This initiative will not remain within the historic red brick walls: “The Porlwi Lab is a long-term project that will also exist outside of the festival and throughout the year,” explains Mélissa.

The Porlwi Collective is very excited to invite the public to speak up and join in the discussion. We urge you to check out the program and book your seat by sending an email to lab@porlwi.com

People in the City : L’Aapravasi Ghat, Patrimoine en capitale avec Corinne Forest

Saviez-vous que l’Ile Maurice, suite à l’abolition de l’esclavage en 1835, fut la toute première colonie anglaise à mettre en place l’engagisme (afin de tester l’efficacité de cette nouvelle expérience destinée à recruter des travailleurs libres étrangers; qui deviendra l’une des plus grandes vagues migratrices de l’histoire) ? Saviez-vous que les deux tiers de l’Aapravasi Ghat ont été détruits en 1988 ? Rencontrer Corinne Forest, responsable Développement Technique depuis 2004 de ce lieu de Mémoire, c’est se passionner pour un pan fondateur de l’histoire de notre île et de son peuplement. L’Ellis Island mauricien, construit dans le quartier de Trou Fanfaron à Port-Louis pour accueillir les travailleurs étrangers (autrefois appelés les coolies), s’étendait à l’origine de la Vieille Poste à la Gare du Nord, et était traversée en son cœur par une ligne de train en lieu et place de l’actuelle voie rapide. Seul site mauricien avec Le Morne classé Patrimoine Mondiale de l’UNESCO (depuis 2006), l’Aapravasi Ghat a vu débarquer 462 000 travailleurs engagés entre 1834 et 1920, dont 97% provenaient d’Inde (les 3% restant venaient de Chine, d’Asie du Sud Est, d’Afrique de l’Est et de Madagascar). Corinne Forest, française installée à Maurice depuis 2003, se bat pour que résonne encore la mémoire de ces étrangers partis pour un grand voyage dans l’inconnu y débuter une nouvelle vie. Ce lieu d’histoire est, depuis 2014, doté d’un très beau musée (une excellente nouvelle) dont l’entrée se fait depuis le quai à l’image des migrants de l’époque. « 600 personnes parfois 1000 attendaient en moyenne 2 jours dans cette partie préservée du site » nous explique Corinne Forest. Les moins chanceux, les malades, étaient renvoyés en quarantaine vers l’Ile plate ou Pointe aux Canonniers (le site actuel du Club Med…) « Le patrimoine doit vivre. Notre démarche est de créer un lien avec le public. » La protection du site par l’UNESCO implique de lourdes responsabilités mais est une aubaine pour la préservation du patrimoine de notre île : « Tout autour de l’Aapravasi Ghat nous veillons à faire respecter des normes, tout en reprenant le vocabulaire architectural de Port-Louis » précise Corinne Forest dont la mission est de préserver le patrimoine associé à l’engagisme. Pour ne pas oublier...

Porlwi by Light mettra en lumière ce site durant le festival avec la projection des portraits du livre « Mauriciens d’ici et d’ailleurs » (livre de Thomas Meur et Julien Venner sorti cette semaine en librairie), sur les murs de l’Aapravasi Ghat. Une étude sociologique symbole de la pluralité de nos origines. D’ici là passionnez-vous pour le patrimoine mauricien en lisant notre mini interview 100% Port-Louis avec Corinne Forest :

Que représente Port-Louis à vos yeux ? Quels sont vos endroits préférés ? Selon moi Port-Louis représente le lieu où l’île Maurice d’aujourd’hui a commencé. J’aime plusieurs lieux dans Port Louis : Plaine Verte, China Town, le marché, le quartier autour de Volcy Pougnet, mais je pense que le Champ de Mars et la zone du grenier sur le waterfront sont ceux que je préfère ; le premier parce que c’est un lieu de vie vibrant où tous les Mauriciens se retrouvent autour des courses hippiques, et partagent des cris, des joies, des déceptions : on y voit les gens vivre et vibrer ensemble; et l’autre parce qu’il contient des lieux insolites, parfois cachés, et surtout méconnus, pourtant ces bâtiments sont les témoins phares de l’histoire de Maurice.

Comment souhaitez-vous que Port-Louis évolue ? J’espère que des mesures de fond seront mises en œuvre pour revaloriser la ville. La ville, surtout la capitale, devrait porter l’image de l’union, de l’identité nationale. La capitale a un fort potentiel et pourtant, je trouve qu’elle n’est pas mise en valeur. Les lieux patrimoniaux, les rues, les espaces publics sont souvent mal entretenus, c’est dommage. Des projets à petite échelle pourraient pourtant faire la différence et montrer une évolution : refaire les trottoirs de façon uniforme, replanter des arbres, installer du mobilier urbain harmonieux, exposer du street art et soutenir les initiatives artistiques pour faire de Port Louis un lieu dynamique et unique, entre autres.

De quelle ville Port-Louis pourrait-elle s’inspirer pour ses développements futurs ? Saint Denis de la Réunion, Zanzibar, Melbourne ou encore Lille en France.

Si vous aviez une baguette magique que feriez-vous en premier pour Port-Louis ? La réhabilitation du waterfront où se trouvent le grenier et l’hôpital militaire; ce lieu est un paradoxe : il est sans doute l’un des mieux situés, avec un potentiel extraordinaire et pourtant, il est pratiquement à l’abandon.

Quels sont les plus grands défis de Port-Louis ? Parvenir à diriger les investissements en faveur de la réhabilitation du patrimoine comme un moyen de valoriser la ville, de la redynamiser économiquement en la positionnant comme un lieu unique. Porlwi by Light est une belle manière de valoriser la ville. J’espère qu’avec le temps les gens se réapproprieront les lieux importants.

People in the City : La formidable rue du Vieux Conseil avec Tristan Bréville

Parler avec Tristan Bréville sur les pavés de la rue du Vieux Conseil, c’est se faire interrompre toutes les 30 secondes par des passants, amis ou voisins venus saluer « l’âme du quartier ». « Dans cette rue les gens vous disent bonjour même si on ne se connaît pas », … Tristan Bréville est un personnage; la mémoire de cette emblématique petite rue piétonne du cœur historique de la capitale faisant face au Théâtre de Port-Louis. « Le théâtre était l’aimant culturel d’un quartier fréquenté et habité par le gratin de la société mauricienne » nous raconte un Tristan Bréville à la nostalgie contagieuse : « Jusqu’aux années 90, la rue était pleine de vie, avec des terrasses, des musiciens qui jouaient tous les soirs sur le trottoir, des peintres. Chaque année on nous décernait la Palme d’or du plus beau quartier ! »... Depuis les choses ont bien changé, et les artistes ont disparu. Le joli Café du Vieux Conseil résiste tout comme l’emblématique Musée de la Photographie, crée en 1966 par Tristan Bréville dans son appartement de Rose-Hill puis Quatre Bornes, finalement installé, après une longue bataille, dans ce bâtiment appartenant à la Mairie à l’angle de la rue du Vieux Conseil en 1993 (Musée inauguré par le Ministre de la Culture français de l’époque Jérome Toubon). Sa collection de photographies serait l’une des plus fournies et anciennes de l’Océan Indien. Son trésor : ces daguerréotypes mauriciens datés d’avant 1850, l’ancêtre de la photographie.

Dire que Tristan Bréville est un Passionné est un euphémisme. Toujours armé de son appareil photo, il aime viscéralement cette ville et se bat quotidiennement pour préserver son histoire et son patrimoine. « En 1966, peu avant l’indépendance, j’ai pris la décision pour mon pays que j’allais faire quelque chose. J’ai sauvegardé des collections de photographies de toute part comme un devoir de mémoire ». Un travail colossal d’archivage d’une valeur inestimable. Tristan Bréville s’est tellement battu, parfois en vain, pour cette ville, ses rues, la préservation de vieux bâtiments, que beaucoup aujourd’hui le considèrent comme le gardien de ce petit quartier « où vivait autrefois Pierre Poivre et où aimait se promener Charles Baudelaire » nous raconte un Tristan Bréville décidemment très inspiré. Alors que son Musée vient de fêter ses 50 ans, Porlwi by Light va ressusciter - tout particulièrement - cette petite rue si symbolique de notre capitale. Des animations artistiques sont prévues le long de cette rue piétonne durant les 3 soirs du festival. Regardez bien, au coin de la rue ou derrière un arbre, sûr que Tristan Bréville sera là avec son appareil photo !

Tristan Bréville, quel lieu dans Port-Louis aimez-vous le plus photographier ? La rue du Vieux Conseil. Je la photographie tous les jours sans que personne ne le sache. On me voit la photographier comme si je n'étais qu'un touriste passager mais il y a beaucoup plus que cela dans ma démarche. J'aime photographier les rues de Maurice dans leur intégralité. C'est ainsi que j'ai photographié le route Royale de Belle-Rose à Coromandel dans les deux sens : maisons, boutiques, riverains, etc., soit 14 kilomètres de rue. Les rues La Poudrière, Saint-Georges, Pope Hennessy, William Newton à Port-Louis sont aussi passées sous mon objectif.

Quel est le photographe qui a le mieux représenté Port-Louis selon vous ? Sans hésiter et sans fausse modestie, c'est moi. C'est une science que d'accomplir cette mission photographique. C'est un devoir de voir grand !

Que représente la rue du Vieux Conseil à vos yeux ? La rue de tous les combats et de tous les espoirs. C'est la seule rue piétonne de la capitale. C'est sous le Lord Maire Jérôme Boulle que nous avons pu espérer migrer le Musée dans cette rue remplie d’histoire et de symboles. Cela s’est fait en 1993 avec l’autorisation de la mairie après une longue procédure de plusieurs années. La rue du Vieux Conseil est un quartier où doit vivre la Culture. J’ai aussi suggéré d’ouvrir le Musée Malcolm de Chazal, que j'avais créé avec l'aide d'autres artistes, en face du Musée de la Photographie.

Quel est votre autre lieu préféré à Port-Louis ? L’ancienne plage de Port-Louis située au Jardin Robert Edward Hart (ex Pleasure Ground) en particulier. (NDRL : Un jardin crée en 1905, devenu la balade incontournable de l’époque car situé le long du littoral Ouest, mais aujourd’hui cerné par des terrains construits sur la mer). Il y a plein de lieux qui demandent à être relookés à Port-Louis. Mais comme a dit Baudelaire : « La forme d'une ville change plus vite que le cœur de l'homme ».

Décrivez-nous le Port-Louis de vos rêves. J’ai l'espoir que Port-Louis retrouve ses fastes d'antan. Qu'elle devienne une ville piétonne. Ce rêve est difficile. Depuis 1966 - j'étais alors un des organisateurs du Carnaval marquant l'accession de Port-Louis au statut de Cité - je me bats pour que le Gouvernement accorde une aide aux propriétaires des maisons créoles. Aujourd’hui en 2016 rien n’a bougé, le patrimoine disparaît et les bâtiments en bétons se multiplient sans harmonie. Je rêve aussi d’un front de mer développé pour les citoyens, de Trou Fanfaron jusqu’aux Salines.

De quelle ville Port-Louis pourrait-elle s'inspirer pour ses développements futurs ? De Sydney (le quartier The Rock) ou de Cape Town. Mais je suis sûr qu’il y a mieux dans l'imagination des Mauriciens. Seulement faudrait-il qu'ils trouvent la bonne oreille !

Qu'espérez-vous de la seconde édition de Porlwi by Light ? Les mêmes émotions que celles de la première édition. Des retrouvailles et cet engouement à venir s'abreuver de ses reliques culturelles. Allons plus loin, vivement Moris by Light !

Le Musée de la Photographie sera exceptionnellement ouvert durant Porlwi by Light (entrée payante).

People in the City : Salim Currimjee, l’inspiration de la rue

Salim Currimjee et Port-Louis c’est une histoire qui dure. Le parcours de l’iconoclaste artiste (peintre, dessinateur, photographe, architecte) est indissociable de cette ville qu’il aime et qui l’inspire. Ses 9 expositions solos se sont toutes déroulées dans les rues de la capitale, à même le trottoir ou dans des sites historiques du centre-ville. Du Grenier en 1998 à la rue Sir William Newton en passant par un bâtiment désaffecté de la rue Louis Pasteur, Salim Currimjee aime dénicher des lieux atypiques qui respirent l’histoire et les ouvrir aux citadins.

Avant de participer à la seconde édition de Porlwi by Light il nous a reçu dans son ICAIO (Institute for Contemporary Arts, Indian Ocean). Installé depuis 1993 dans ce bâtiment typique du vieux Port-Louis, au 51 rue Sir Seewoosagur Ramgoolam, l’artiste y a ouvert cette fondation à but non lucratif en Mai 2015. Une belle initiative. L’un des rares espaces artistiques de la capitale expose des talents de notre région et pas n’importe lesquels ! L’Indienne Nalini Malani et les Sud-Africains Pieter Hugo et Penny Siopsis (voir photo de Salim Currimjee devant une de ses oeuvres) se sont successivement déplacés en personne pour présenter et exposer leurs œuvres aux passionnés mais surtout à tous ces gens, ces novices, voisins et curieux, que Salim Currimjee espère sensibiliser à l’Art. Une démarche qui est l’essence même de la fondation.

Avis aux amateurs, ICAIO animera le Off de Porlwi by Light et sera ouvert les 3 soirs du festival, jusqu’à minuit, avec l’exposition « Où poser la tête ? » : une sélection d’œuvres produites par vingt-six artistes entre l’Afrique, l’Océan Indien, l’Asie et l’Europe. D’ici là, et avant d’aller faire un saut dans ce réjouissant espace de culture, le Blog de Porlwi vous propose de découvrir les coups de cœur de cet artiste chef de file du rayonnement culturel de notre capitale.

Salim Currimjee, que représente la ville de Port-Louis à vos yeux ? Port-Louis est une belle capitale où j’aime travailler et marcher. Un endroit où tout se rassemble, les cultures, le peuple, l'architecture, les affaires, etc... L'ancien et le neuf se juxtaposent, parfois de maniere harmonieuse parfois moins. A Port-Louis il s'agit d'exister ensemble. C’est un sentiment très fort.

Quel est votre lieu préféré à Port-Louis ? Je n’ai pas de préférences pour une rue en particulier mais l’ensemble des rues qui composent le centre historique de la capitale. J'aime les vieilles rues de Port-Louis et traverser à pied le cœur de la capitale, aussi bien le quartier de la rue St George que celui de la Corderie. Ils se passent toujours quelque chose. Ce sont ces rues qui m'inspirent le plus pour mes créations. Ces vieux bâtiments, ces habitants, ces commerces, … c’est un mélange stimulant. Toutes mes expositions se sont d’ailleurs déroulées dans les rues du vieux Port-Louis, parfois à même la rue pour que l’Art soit accessible aux piétons qui passent là par hasard.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de Port-Louis ? Je me souviens des samedis matins où j'accompagnais mon père à son bureau à la rue Louis Pasteur. On était au milieu de toutes sortes de commerce. J’aimais traverser le quartier Chinois. L’atmosphère du dimanche y était spéciale quand je partais récupérer le courrier de l'entreprise familiale.

Qu'espérez-vous des prochaines éditions de Porlwi by Light ? J'aime beaucoup le concept du festival et la première édition a été une très belle surprise. Idéalement à l’avenir j’aimerais que les événements et les installations artistiques du festival durent au-delà de 3 jours.

Décrivez-nous le Port-Louis de vos rêves ? Le Port-Louis de mes rêves serait un Port-Louis avec plus d'arbres et moins de voitures ! Il y a des choses urgentes à faire dans ce domaine. Ce sont pour moi les 2 défis majeurs de notre capitale avec la rénovation des vieux bâtiments.

Inside Porlwi : Balade Port-Louisienne avec Astrid et Guillaume

Des bureaux de Porlwi by Light surplombant le port de la capitale à cette photo prise au cœur du quartier Chinois du vieux Port-Louis, les univers se croisent et s’entremêlent. Port-Louis respire la vie et ses rues à la croisée des mondes foisonnent de belles histoires. Astrid et Guillaume, âmes fondatrices du festival, ne vivent certes pas dans la Cité cinquantenaire mais connaissent par cœur les moindres recoins de la capitale. En marchant à leur côté dans les artères animées de Port-Louis, les anecdotes fusent, les idées naissent et la passion nous emporte. Astrid et Guillaume ont Port-Louis dans leur cœur et ça se voit ! Avant de replonger dans la confection de la seconde édition de Porlwi by Light, ils répondent pour le Blog du festival à notre questionnaire 100% Port-Louisien avec tendresse et espoir, entre respect de l’histoire et rêve de modernité… Projecteurs ! :

Quel est votre endroit favori à Port-Louis ? Les quartiers de Port-Louis nous intriguent et nous fascinent. Notamment le quartier historique autour du Grenier pour ses vestiges historiques, ses coins ombragés, le silence qui y règne et sa proximité avec la mer. Nous aimons continuer notre balade vers Chinatown, afin d'y dénicher des trésors, de goûter des spécialités, de s'arrêter devant les devantures des commerces et de sentir l’énergie de la ville. Nous aimons voir des bâtiments historiques se mêler à des bâtiments modernes !

Avez-vous un lieu préféré pour vous détendre ? Marcher dans Port-Louis au lever ou au coucher de soleil est magique, c'est à la fois paisible, dépaysant et énergisant ! On y découvre la vie de quartier, avec une impression de croisement d'époques et de traditions; c'est si particulier. Port Louis est une ville bouillonnante où il serait bon de mettre l'emphase sur le bien-être.

…vous divertir ? Dans la lignée des événements culturels qui ont eu lieu à Port-Louis ces derniers temps, nous avons adoré vivre la capitale de nuit dans des endroits de vie ou des endroits incongrus de la capitale : La fondation culturelle ICAIO et ses expositions régulières d'artistes contemporains, l’exposition de Salim Currimjee dans une galerie éphémère rue Newton, l’exposition Borderline au Grenier, l’apéro Dreamers de La Isla Social Club au Moulin, ou encore chaque année le Chinatown Festival.

…rêver ? Prendre de la hauteur dans Port-Louis permet de voir la ville autrement. Certains rooftops sont propices au rêve, … ou encore une balade sur la Montagne des Signaux.

Justement décrivez-nous le Port-Louis de vos rêves ? Une ville où il fait bon vivre, avec le patrimoine actuel préservé et revisité, des espaces verts, des espaces de rencontre, des rues piétonnes, des lieux culturels, des quartiers repensés. Avec tous ses atouts et en améliorant ses défauts, Port-Louis pourrait être une ville stimulante de jour comme de nuit, qui bouillonne d'énergie et qui attirerait de plus en plus de jeunes, de familles, de start-up, d'artisans et d'artistes.

Y-a-t-il un bâtiment (existant ou à construire) que vous aimeriez ouvrir aux Port-Louisiens ? Le Théâtre de Port-Louis. C’est le symbole majeur de notre culture. N’oublions pas qu’il est le premier théâtre à l’italienne de l’océan indien ! Sa fermeture depuis 2008 l’associe malheureusement au passé de notre île. Sa réouverture annoncée dans les 2 ou 3 ans serait une excellente nouvelle non seulement pour les passionnés de culture mais aussi et surtout pour le rayonnement et le dynamisme de notre capitale. Un théâtre de Port-Louis vivant, et ouvert aux Port-Louisiens, pourrait avoir une influence centrale dans la création de ce tissu social qui manque parfois dans notre société. Réunir sous un même toit, écoliers, citadins, artistes et passionnés d’art, serait un formidable tremplin pour notre culture.

Quels sont vos plus beaux souvenirs de Port-Louis ? Nos souvenirs les plus forts se créent surtout depuis trois ans. Voir autant de personnes réfléchir, imaginer, et apporter un regard créatif sur Port-Louis et notre culture, c’est excitant. Marcher dans la capitale pour faire des repérages, entamer des relations avec les gens nous oblige à vivre pleinement dans le présent plutôt que dans le souvenir. Mais les souvenirs des autres nous habitent aussi, que ce soit lors de discussion avec les personnalités fortes qui ont rythmé la capitale ou lors de sorties culturelles.

Qu'espérez-vous de la seconde édition de Porlwi by Light ? Une connexion naturelle entre le public, mais aussi un sentiment général de surprise et d’étonnement face aux nouvelles créations et aux nouveaux lieux. On espère que le public sera aussi réceptif que la première année et qu'il partage autant que nous cette envie de voir Port-Louis revivre la nuit.

Quels sont les plus grands défis de la capitale ? Les défis sont nombreux et des initiatives récentes vont dans le bon sens. Selon nous il y a deux défis majeurs à relever : la préservation du patrimoine qui fait l’âme de la ville mais qui disparaît au fil des ans, et l’aspect écologique où tout reste à faire pour rendre Port-Louis plus vert et plus respirable. Concernant l’environnement l’enjeu est de taille, la circulation est trop dense, les modes de transport sont à repenser pour désengorger le centre-ville. La qualité de vie des habitants est à améliorer que ce soit au niveau de la propreté des rues, du tri des poubelles en passant par l’aménagement d’espace piéton bien aménagé. Un bon éclairage et un bon environnement augmenteraient la sécurité et donc la vie dans la capitale le soir. Enfin un autre défi de taille serait de développer une connexion avec la mer et les montagnes environnantes

Une ville étrangère qui pourrait servir de modèle/d'inspiration à Port-Louis ? Il est intéressant d’observer et d’analyser les villes qui ont eu une politique réussie de régénération urbaine telles que Barcelone, Glasgow, Berlin, Marseille ou encore Nantes. Nous sommes inspirés par les projets de régénération de quartier comme celui du Greater Grand Crossing à Chicago (rebuild-foundation.org) ou encore, plus proche de nous, le Maboneng Precinct (mabonengprecinct.com) développé par le groupe immobilier Propertuity qui a su comprendre et capter l’énergie de la classe créative pour transformer un quartier défavorisé de Johannesburg en un « cultural district ». Nous sommes d’ailleurs très heureux d’accueillir Luke Maurel de Propertuity à Porlwi by Light cette année. Luke est le Head of Development du groupe à Durban, où l’expérience de régénération urbaine si réussie de Maboneng est en train d’être répliquée avec succès. Il animera une conférence gratuite et ouverte au public le samedi 3 décembre à 18:00 au sein du Porlwi Lab, un espace dédié aux conférences et aux ateliers Porlwi au sein du Grenier. Venez nombreux à cette discussion qui promet d’être passionnante !

Si vous aviez une baguette magique quelle action mèneriez-vous en premier pour votre capitale ? Notre première action serait de porter un nouveau regard sur le patrimoine de la capitale : préserver ces bâtiments tout en les repensant pour l‘avenir. En faire des lieux hybrides où se mêleraient culture et éducation. Bref des lieux de vie, d’échange et de rencontre !

People in the City : Eddy Lamour, l’ange gardien du théâtre de Port-Louis

Ambiance merveilleuse, recoins poétiques…Le parquet grince, les murs respirent l’histoire…dans un cadre hors du temps à l’architecture magnifique, Porlwi est monté sur la scène du plus vieux théâtre à l’italienne de l’hémisphère Sud devenu l’emblème de la culture mauricienne. Un lieu magique fermé depuis 2008…et qui ne demande qu’à revivre ! Nous sommes allés à la rencontre d’un personnage attachant de notre capitale, Eddy Lamour. L’ancien éclairagiste du théâtre, est aujourd’hui son gardien et arpente chaque jour les couloirs de ce site extraordinaire du centre de Port-Louis. Accoudés au légendaire piano à queue du théâtre, sous le dôme majestueux du peintre belge Vandermeersch, nous avons échangés sur la fermeture de ce lieu, et nous avons…rêvés ! Eddy Lamour a le théâtre dans le cœur et les pieds enracinés dans une ville qu’il connait par cœur. Il partage pour Porlwi ses souvenirs, son enfance à Cité Vallijee et sa vision du Port-Louis de demain.

Que représente la ville de Port-Louis à vos yeux ? C’est une ville qui a beaucoup changée. Je ne suis pas nostalgique et je ne refuse pas la modernité, mais les évolutions n’ont pas été suffisamment planifiées. Certains bâtiments ont été détruits alors qu’ils représentaient le cachet original de Port-Louis. On se demande aujourd’hui ce qu’on va léguer aux générations futures.

Dans quel quartier de Port-Louis vivez-vous? Je vis actuellement à Pointe aux Sables (village côtier du Sud de la capitale), un coin plutôt tranquille et agréable. Mais toute mon enfance je l’ai passée à Cité Vallijee (entre Cassis et la Tour Koenig), il y avait la mer, la plage de sable noir, le terrain de foot, on pêchait, on s’amusait aves les amis. Pour rejoindre le centre-ville on marchait le long de la mer jusqu’aux Salines avant d’atteindre le port. La Cité a été rebaptisé Résidence Vallijee (il rigole), mais les fléaux de la délinquance, de la drogue et de la déscolarisation sont malheureusement toujours là... Je parlerais toujours de Cité Vallijee, je suis fier de ce nom!

Y-a-t-il un bâtiment particulier (existant ou à construire) que vous aimeriez ouvrir aux Port-Louisiens ? Le théâtre bien sûr. Il y a une lueur d’espoir, la rénovation est enfin programmée, on verra ! La Citadelle aussi. C’est dommage que les concerts y soient désormais interdits (après une certaine heure le soir). Autrement il y a ce bâtiment à l’abandon de la Gare Victoria qui pourrait être utile pour faire des bureaux.

Qu’espérez-vous de la seconde édition de Porlwi by Light ? Le festival se concentre sur le centre-ville c’est déjà bien, mais mon souhait serait que Porlwi by Light s’étende à d’autres quartiers de la capitale. Il y a d’autres sites que l’on pourrait valoriser comme l’ancien pont de la grande rivière Nord d’Ouest.

Quels sont les plus grands défis de Port-Louis ? L’environnement sans aucun doute. Port-Louis est de plus en plus pollué par la circulation et les embouteillages du centre-ville (d’où le projet du Maire de diminuer la circulation en centre-ville). Il faudrait agrandir la ville car le centre est saturé, je vois d’autres espaces qui pourraient être développés comme les Salines par exemple ou Terre Rouge. Mais le défi majeur c’est de mieux planifier et d’améliorer l’urbanisme de la ville.

De quelle ville Port-Louis pourrait-elle s’inspirer pour ses développements futurs ? Port-Louis ne peut pas s’inspirer d’une ville européenne (sic) en particulier mais y prendre certains aspects, comme les rues piétonnes. Ces villes peuvent être des sources d’inspiration pour le futur mais pas des copiés collés.

Si vous aviez une baguette magique quelle action réaliseriez-vous en premier pour Port-Louis ? La construction d’une Cité des Arts pour faire vivre la culture et éduquer les plus jeunes. Surtout que les mentalités ont changé, il y a moins de discipline. Mais aussi biensur la réouverture du théâtre. Il se passe quelque-chose. Je serais très heureux de reprendre mon métier d’éclairagiste, je garde espoir ! (le théâtre de Port-Louis est fermé depuis 2008).

Voir la vidéo : https://vimeo.com/124696271

Maptionnaire : Votre Port-Louis de demain

« Le citoyen, c'est celui qui participe de son plein gré à la vie de la cité. Il partage avec ses concitoyens le pouvoir de faire la loi » explique le philosophe français Régis Debray. Une notion de citoyenneté essentielle pour l’épanouissement sociale de la communauté, mais qui demeure encore bien floue à l’Ile Maurice. Le questionnaire My Port-Louis tombe du ciel et tente d’y remédier. Chaque citoyen a un rôle à jouer ! Le Blog Porlwi est allé à la rencontre de Meelan Thondoo, anthropologue et analyste social à la State Land Development Company, pour en savoir plus sur ce questionnaire ambitieux et nécessaire lancé le 19 septembre.

Cette initiative déployée par Syntheses Mauritius en collaboration avec la State Land Development Company, reprend un modèle qui a fait ses preuves en Europe : le Maptionnaire, une sorte de questionnaire interactif sur Carte, programmé par quelques surdoués Finlandais (un des pays au monde où l’éducation civisme est au plus haut). Résultat, avec My Port-Louis, habitants de Port-Louis ou pas, vous pouvez partager vos coups de cœur, vos coups de griffe et vos espoirs sur le présent et le futur de la ville de Port-Louis ! Idéal pour faire entendre sa voix dans l’évolution programmée de notre capitale.

Nous avons testés et c’est une expérience que l’on vous conseille fortement ! En 15 minutes tout est dit : après avoir répondu à quelques questions, la grande innovation de ce questionnaire c’est son interactivité avec la carte de Port-Louis. A l’aide d’un curseur façon Google Street vous pourrez situer exactement (et commenter), le lieu de Port-Louis que vous préférez, votre bâtiment fétiche, les espaces verts ou piétons que vous aimeriez rajouter, les rues à éclairer davantage, … Forcément on retrouve dans nos réponses le théâtre de Port-Louis et La Citadelle …, mais le questionnaire étant confidentiel on ne va pas tout vous dévoiler non plus !

« A ce jour plus de 1000 personnes ont répondus en ligne, et 1000 autres y ont répondus en face à face pour que les résultats soit le plus représentatif possible de la population mauricienne,» nous précise Meelan. L’objectif est d’atteindre les 3000 citoyens en ligne d’ici mi-octobre date de la fin programmée de ce questionnaire. Les résultats - qui ne manqueront surement pas d’intérêts - seront dévoilés publiquement par la suite et utilisés pour optimiser de futurs projets urbains dans la capitale. Une enquête inédite qui fait plaisir et qui a du sens. « J’aimerais que cette démarche devienne un réflexe. Cet outil est formidable pour créer un lien entre l’habitant et les personnes en charge de futurs développements immobiliers » insiste Meelan.

La question est simple : Souhaitez-vous être acteur de votre ville ou simple spectateur ? Pour effectuer ce devoir (plaisir) de citoyen, accédez directement au questionnaire ici : https://maptionnaire.com/en/1400. Allez faire aussi un tour sur leur page facebook pour en savoir plus et connaître les résultats ! https://www.facebook.com/Map-Mo-Port-Louis-160116704434932/

Voir la vidéo : https://vimeo.com/183270713

Retro 2015 : Le mur de Simon Back

Pour boucler cette balade Street Art 2015 dans les rues de Port-Louis version Porlwi by Light, notre périple nous amène à revenir sur notre point de départ, non loin du mur gigantesque de Kid Kreol & Boogie, sur Sir William Newton. Là où nous sommes - rue Edith Cavell face au mur d’Evan Sohun rappelez-vous - il va falloir traverser toute la vielle ville pour y arriver. Une belle marche et l’occasion de s’émerveiller de nuit devant 3 lieux emblématiques de la capitale : tout d’abord le mystérieux Jardin de la Compagnie noir de monde ce soir-là, puis le Musée d’Histoire Naturelle et ses amusants dodos multicolores, et enfin l’artère centrale de la capitale la Place d’Armes qui relie le Port à la Maison du Gouverneur. Une place d’Armes transformée pour l’occasion en une magnifique Rambla illuminée, où la route centrale est devenue piétonne…et très animée (de quoi donner des idées de développement pour la ville!).

Après avoir descendu jusqu’au Port ou presque cette Rambla d’un week-end, on tourne à droite et tombons sur Sir William Newton Street face à une très vieille maison visiblement à l’abandon mais fraîchement repeinte d’orange et de courbes. Voilà l’œuvre du peintre Simon Back, artiste réputé, né au Zimbabwe mais établit sur la côte Ouest mauricienne depuis 1996. Exposé de Londres à New-York, Simon Back est un habitué des galeries d’Art mauriciennes mais moins des murs de la capitale ! Compositions déstructurées, perspectives chamboulées, l’art de Simon Back est une formidable source d’inspiration et Porlwi by Light un extraordinaire moyen d’expression !

Retro 2015 : Le mur d’Evan Sohun

De la rue du Vieux Conseil à la rue Edith Cavell où est annoncée l’œuvre du mauricien Evan Sohun, il faut traverser une bonne partie de la vielle ville. Même si certains vous diront le contraire, le charme du centre-ville de la capitale mauricienne est son accessibilité à pied, où grâce à ses innombrables ruelles tout est faisable en quelques minutes de marche.

On tente l’expérience : Parti des pavés de la rue du Vieux Conseil et son célèbre Musée de la Photographie (avec sa collection unique de vieilles photos), on descend les quelques marches du centre commercial adjacent pour atteindre la jolie rue de la Poudrière où un canal (vide) relie la montagne du Pouce à la mer, et, juste avant d’arriver au quartier très typique et agréable des rues St George et St Louis, nous voilà déjà arrivé en moins de 5 minutes devant le mur d’Evan Sohun, rue Edith Cavell.

Légèrement excentré des animations du festival, les curieux sont moins nombreux dans ce petit bout de Port-Louis. Le très long mur (une dizaine de mètres sur 2 mètres de haut) peint par le mauricien Evan Sohun - illustrateur et graphiste multi-récompensé, au travail très visible sur l’île - propose comme de coutume avec l’artiste un univers foisonnant d’idées et de personnages futuristes tout droit sorti de l’imaginaire d’un enfant. C’est le bon moment pour se reposer tranquillement contre la chaussée à observer cet univers atypique et inspirant… avant de repartir direction Sir William Newton Street voir le mur de Simon Back !

Retro 2015 : Le mur de Picar

Passé la formidable effervescence régnant sur le parking de la rue Bourbon, on atteint au coin de la rue la rue Remy Ollier qui se dirige trois blocks plus loin sur l’emblématique théâtre de Port-Louis. Sur la route, plus calme, le regard s’élève sur un gigantesque mur d’une dizaine de mètres de haut que personne n’aurait regardé si un drôle de personnage tout droit sorti d’un dessin animé ne l’avait pas habité.

Ce personnage amusant aux proportions XXL est l’œuvre de Picar, un Vénézuélien invité par le festival, dont le talent a séduit notamment le Japon et l’Europe. Peintre et sculpteur son travail est réputé pour être une réflexion indirecte sur « l’expression de la vérité sur la condition humaine ». Vaste programme et sacré coup de pinceau !

Durant Porlwi by Light, outre le mur de la rue Remy Ollier, Picar a peint une autre œuvre rue du Vieux Conseil, impasse bien connue faisant face au théâtre de Port-Louis. Notre périple se poursuit donc à travers la foule massée devant le magnifique son et lumière projeté sur la façade du théâtre pour arriver sur les vieux pavés de l’historique et agréable rue du Vieux Conseil. Dans un coin de la rue, sur un vieux portail de fer, un personnage (moins accueillant et moins massif celui-là) semble crier en direction des passants. Le Vénézuélien Picar et son univers si singulier ont envahis Port-Louis !

Retro 2015 : Le mur d’Armand Gachet

Face au magnifique mur noir et blanc de Brian Lamoureux, sur ce même parking de la rue Bourbon, le Street Art n’a pas dit son dernier mot alors que la musique ne faiblit pas et que les curieux s’approchent de plus en plus de ces murs aux multiples facettes. Celui d’Armand Gachet, possède un charme poétique à part.

Du haut de son échelle l’artiste mauricien, designer et illustrateur sur divers supports, séduit par la finesse de son trait et la poésie de son propos qu’un Banksy n’aurait pas renié ! Moins massif et plus discret que les murs voisins du parking, ses personnages semblent observer jumelles à l’œil le travail des 44 Flavours en cours de réalisation à quelques mètres de là …et semble-t-il d’une autre œuvre visible de loin qui ressemble au mur du Vénézuelien Picar annoncé d’après le plan sur une rue perpendiculaire rue Remy Ollier. Allons voir cela de plus près !

Retro 2015 : Le mur de Brian Lamoureux

On reste sur le parking en plein air de Happy World, aux intersections de Bourbon Street et Rémy Ollier Street dans un terrain vague en pleine effervescence créative. Notre regard quitte l’œuvre de 44 Flavours et se pose avec émerveillement sur autre pan du parking : un vaste et large mur repeint de noir et délicatement dessiné de blanc. Impossible de le louper !

Devant le mur, Jason Lily (chanteur/musicien mauricien) harangue la foule avec sa guitare, juste derrière lui mais un peu plus haut Brian Lamoureux au sommet d’un échafaudage réalise en direct son œuvre murale. La fusion entre la musique qui résonne sur le parking et l’œuvre en cours de réalisation sur ce mur noir abîmé par le temps est une extraordinaire réussite.

Le mauricien Brian Lamoureux n’a pas (encore) la réputation des 44 Flavours ou du duo Kid Kreol & Boogie mais sa performance ce week-end là en aura fait l’une des révélations du Festival Porlwi by Light. Son mur est un paysage à deux facettes en référence à la ville de Port-Louis : le bas représente le vieux Port-Louis et ses emblématiques maisons créoles, le haut du mur fait lui référence au futur Port-Louis avec ses gratte-ciels…entourés d’arbres.

Retro 2015 : Le mur de 44 Flavours

En quittant le mur imposant et franchement magique de Kid Kreol & Boogie on remonte la rue animée de Sir William Newton Street, on marche sous les pirogues suspendues dans l’air de Sultana Haukim puis on prend à gauche, pour atteindre la première rue parallèle: Bourbon Street. La rue, symbole marchand par tradition de la capitale, débouche dans sa partie basse sur l’entrée principale du foisonnant et légendaire Marché Central. On tourne le dos au Marché et on remonte Bourbon Street sur une centaine de mètres. Surprise et excitation, nous arrivons sur un espace où l’atmosphère semble irréelle et diablement stimulante : Le Parking de Happy World n’a plus rien d’un terrain vague et s’anime entres ses trois murs massifs de performances Street Art en Live sur fond de musique. Nous y sommes, face à nous perchés sur une grue, les berlinois de 44 Flavours finalisent leur œuvre !

Sebastian Bagge et Julio Rölle sont 44 Flavours et ils parcourent le monde avec un Art aux multiples saveurs ! De réputation internationale et connu pour leur travail exubérant sur divers supports (sculpture, poster, installation, mur…) le collectif 44 Flavours s’active depuis 2003 à répandre du Fun et du Chaos un peu partout où il passe. A Port-Louis pour Porlwi by Light ils restent dans leur thématique colorée et joyeuse faite de formes géométriques abstraites et originales, inspirées de l’univers d’un Henri Matisse ou d’un Pablo Picasso. Un mur qui inspire, respire et laisse libre court à toutes les imaginations…A leur côté Resko, star mauricienne du Street Art, s’attaque à son propre pan de mur. Quelle effervescence !

Retro 2015 : Le mur de Kid Kreol & Boogie

Certains murs gris et décrépis du centre de Port-Louis ont pris des couleurs et retrouvés une âme d’enfant ! La première édition du festival aura marqué les esprits par ces gigantesques murs peints et ouvert l’île - plutôt frileuse jusque là - au Street Art. Relançons notre voyage dans le temps en décembre 2015, direction les rues de la capitale à la recherche de ces murs ressuscités !

Garé dans le parking du Grenier, il aura fallu traverser le triangle historique du Vieux Port (entre le Moulin, le Grenier et la Poste) puis prendre le tunnel sous-terrain pour atteindre Sir William Newton Street l’une des artères les plus célèbres et dynamiques de la ville. Les street artistes Kid Kreol & Boogie sont annoncés dans le coin. Alors que certains prennent à droite direction La Place d’Armes d’autres remontent la rue et tombent sur un terrain vague, lieu improbable devenu merveilleux : le parking en plein air de la SBM habituellement chargé de voitures s’est métamorphosé en un formidable espace artistique. Au fond : une grande scène de musique, à droite : un espace street food, et à gauche face à des passants interloqués se dresse l’imposant mur peint la veille par Kid Kreol & Boogie. Mystique et poétique !

Les deux Réunionnais sont des noms du Street Art, et après l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, Madagascar, la Slovaquie, Paris et bien sûr la Réunion, les voilà durablement visibles sur notre île. Depuis 2008 leurs 4 mains ne font qu’une et leur travail (le plus souvent en noir et blanc) s’inspirent des traditions ancestrales réunionnaises et souhaitent révéler « un imaginaire créole ». Ici, au cœur de Port-Louis leur œuvre attise la curiosité et interpelle. Le personnage représenté s’inspirerait de Pieter Both, navigateur hollandais dont le nom désigne une célèbre montagne de l’Ile Maurice : « La pierre que le personnage tient entre ses mains représente la pierre qui forme le sommet de la montagne Pieter Both » précise Jurgen Eric aka Gun de Bark in The Yard, le collectif responsable Street Art du Festival. Pieter Both, le premier gouverneur général des Indes néerlandaises, est mort en 1615 suite à une tempête au large de Baie de Tombeau en voulant atteindre l’Ile Maurice (alors colonisée par les Hollandais).

On est pris par le tourbillon imaginaire de Kid Kreol & Boogie mais il faut avancer direction le mur du duo berlinois 44 Flavours un peu plus haut dans Port-Louis…

Retro 2015 : Des scènes plantées dans la rue

Faire résonner les avenues à coups d’accords. Des notes sur les pavés. Sur le bitume, la mélodie valse les pas des citadins. La ville vibre, son âme danse, Porlwi est en transe.

Des concerts au bout de la nuit, Porlwi a posé huit scènes dans les artères de la Capitale avec quarante concerts par soirée. Des prestations éclectiques, avec près de 50 formations locales. Des artistes confirmés du paysage sonore et des découvertes dans un brassage culturel reflétant la culture mauricienne. Un melting-pot d’influences.

Les artistes étaient invités à proposer un set spécial, avec des formations en solos, duos et trios, lors d’une prestation de trente minutes. Des combos allégés pour des restitutions épurées mais percutantes.

Découvrir Menwar avec sa guitare revisitant son répertoire sagaï, danser avec Linzy Bacbotte en duo (piano / voix), savourer le blues de Triton avec des influences indiennes avec l’aide d’une sitar… Porlwi a enrobé la ville avec des mélodies virevoltante. Des scènes posées sur les rues, les trottoirs pour égayer les festivaliers, un voyage en accords et en rythmes pour célébrer la richesse de notre diversité.

Il était important de faire de la place à des talents émergeants et même des figures inconnues pour souligner l’objectif de Street Music de mettre en lumière des artistes en développement. À l’image du trio AKY, trois êtres de trois univers distincts qui se sont réunis pour distiller une sonorité, à la fois insulaire et universelle ou encore Zordi, des percussionnistes aux instruments recyclés. Emlyn et son séga mâtiné de blues a su se faire un public avec des compositions et une voix suave et chaleureuse. Patyatann dans sa bulle de spiritualité et de positivé, Tambour Madras, cette fougue rythmique avec les percussions indiennes ou encore Samuel Laval (3Dom) avec son jazz feutré avec un jeu en délicatesse ont surpris leur audience.

Après trois nuits de musique avec 140 concerts, Porlwi a transporté les avenues de la Cité dans des univers musicaux épicés à souhait. Les mélodies dansent encore dans nos têtes.

Les groupes de Street Music 2015 : AKY, Al4rage, Dagger Kkila, Damien Elisa, Didier Therese, Dylan Gooriah, Don Panik, DMP, DJ Kingdom, Eric Triton, Emlyn, Evodie Faro, Freedom Groove, Gary Victor, Hans Nayna, Iyeh, Jason Lily, James Lin, Karen Laridain, Linzy Bacbotte, Linley Morvan, Lionkklash, Les Inkonus, Marclaine Antoine, Marki Evolution, Menwar, Mr Love, Mulaeo, Paco, Patyatann, Ras Minik, Ras Kwik, Réné Louise, Sebastien Margéot Project, SteveLaridain, Skizofan, Sound, Tambour Madras, The Unknown, The Clarisse Sisters, Tikkenzo, Urban Rimes, Yannick & Fabien, Yoan Catherine, Yvette Dantier, Zordi, 3Dom

Retro 2015 : AKY un trio 100% Porlwi

Dans notre balade au cœur de la première édition du festival Porlwi by Light nous vous avons emmené aux quatre coins de la capitale sillonner les rues à la découverte des installations artistiques (Street Light) et des animations de rues (Street Performance). Ouvrons aujourd’hui la page musicale avec un groupe en particulier: AKY, une création originale du festival.

AKY, 3 lettres pour 3 artistes : Alexandre, Kan et Yogeshen. Ils ne se connaissaient pas et n’avaient jamais joué ensemble. C’est lors des auditions que Stéphan et Anne-Lise, responsables de la partie Street Music, ont eu l’idée de les réunir.

Des semaines de répétition, accompagnée par l’équipe du festival, pour proposer un trio fusionnel autour d'instruments aborigènes comme le didgeridoo ou traditionnels comme le tabla et la flute traversière. Un univers original et une touche contemporaine avec aussi du beat-box.

AKY a plu et sera de retour pour la seconde édition de Porlwi by Light. Le trio devient quatuor. Ils seront rejoints par Salem, artiste multi-instrumental qui enrichira la palette du groupe avec des sonorités typiquement africaines.

AKY est né un 5 décembre 2015, rue Sir William Newton…et leur histoire ne fait que débuter !

Retro 2015 : L’Art vivant au coin de la rue

Après avoir sillonné la ville les yeux grands ouverts et la tête dans les étoiles devant ces installations lumineuses disséminées aux quatre coins du centre de Port-Louis, repartons pour un tour, cette fois à la recherche de ces multiples personnages, drôles, insolites ou franchement impressionnants, qui ont animé la 1ère édition de Porlwi by Light.

Pas facile de les suivre ! Les « Street performers » de Porlwi by Light sont indomptables et exercent leur talent en déambulant dans les innombrables rues de la capitale. En voilà un ! En remontant La Place d’Armes, l’artère principale de la ville, on aperçoit au loin un géant. Il doit mesurer au moins 4 mètres et avance vers l’Hôtel du Gouvernement. Ce géant c’est Thabo Legrand (qui porte ici bien son nom !), l’un des plus célèbres échassiers de l’île. A quelques mètres de là, en traversant le charmant Square Bowen on atteint la rue du Dr Ferrière. Des curieux sont rassemblés autour d’une dame vêtue d’une robe en forme de lampe. C’est Sandrine Raghoonauth qui raconte des histoires sous forme de slam accompagné d’un personnage lampadaire interprété tout en vocalise et poésie par Yannick Gérie.

On reprend notre marche, direction Chaussée Street, un regard à gauche sur les dodos multicolores du Musée d’Histoire Naturelle puis nous tombons nez à nez avec un drôle de personnage : un homme vêtu d’un costume rose et d’un chapeau noir nous bouscule presque avec son caddie de supermarché transformé en une sorte de plateforme multimédia surplombée d’un gyrophare ! Cet homme c’est Azim Moollan, artiste-réalisateur mauricien et grand talent émergent du cinéma local, accompagné d’un étonnant danseur : Gonael Labiche. La folie a envahie le festival et le caddie projette à qui veut des séquences vidéo.

On reprend nos esprits et on longe le mystérieux et bondé Jardin de La Compagnie par la Rue de la Poudrière. Un homme élégant au visage peint de blanc fait de drôle de gestes. On reconnaît Jamel Colin, le plus célèbre mime mauricien, qui enchante et fait rire un parterre de festivaliers conquis.

Du rire il y en a aussi à quelques encablures de là. La foule est dense et des personnages plus loufoques les uns que les autres se faufilent entre les passants : impossible de louper Madame Ballon, habillée d’une dizaine de ballons multicolores qui entourent une robe en rotin. Les enfants sont sous le charme de ce drôle de personnage interprété par Ornella Françoise. Un peu plus loin on aperçoit une majestueuse statue qui brille de reflets argentés : c’est l’envoûtante Emily Bauluck qui illumine les curieux venus la contempler avec une boule à facette qu’elle élève à bout de bras.

On en a plein les yeux…mais aussi plein les jambes ! Il va pourtant falloir marcher pour atteindre la scène principale de l’autre côté du centre-ville en face du vieux Bazar. En 5 minutes on traverse la foule immense de la Place d’armes et de Sir William Newton Street pour atteindre Bourbon Street et l’entrée principale du fameux Bazar de la capitale. Un coin qui respire l’histoire et une bonne occasion de se poser un peu. On s’assoit sur le trottoir et on contemple une succession de spectacles sur la petite scène principale : du slam inspiré avec Giovanni Hope, un numéro de chandeliers très impressionnant avec la contorsionniste Victoria Bungaroo (avec de vraies bougies !), de la danse avec Les Frères Joseph et leurs formidables chorégraphies rejoint ici par Emmanuel Chellen, du rythme Hip-Hop avec Da Movement Squad et Arnaud Allijean revêtus de costumes de LED, de la danse traditionnelle indienne tout en finesse avec Anna Patten et 3 autres danseuses, et enfin du cirque avec la joyeuse troupe de Baraka Cirq du jongleur Nicolás Ormazábal qui aura conquis le public par ses acrobaties avec le monocycle de l’israélien Sharon Juhl ; sans oublier pour finir le très beau spectacle de cerceaux d’Anna Sophia.

Sur le chemin du retour nous traversons le célèbre et animé Quartier Chinois, un quartier en contre bas du centre-ville connu pour ces nombreuses échoppes en tous genres, ses bonnes affaires et ses vieux bâtiments du Port-Louis d’autrefois. En son cœur, au niveau de Corderie Street, le festival nous réserve un dernier sursaut : un dragon géant se faufile entre les passants. 26 personnes gigotent comme des petits fous sous ce monstre de papier qui effraient et amusent à la fois…

Il se fait tard, il est presque minuit. On repart émerveillé, des souvenirs plein les yeux !

Retro 2015 : L’Arche de Port-Louis par Nirmal Hurry

En quittant le monde merveilleux du Jardin de La Compagnie nous arrivons sur Poudrière Street une rue qui longe en contre-bas le cœur historique de Port-Louis. Sous un arbre et armé de sa guitare l’artiste Menwar, légende mauricienne du Sega, fait vibrer à lui seul de ses notes et de sa voix les vieux murs en pierre encore préservés de ce coin de Port-Louis. Le long de la route, le canal du Pouce (du nom de la montagne qui surplombe la ville) protégé d’une vielle barrière et traversé par endroits de petits ponts, est à sec. En suivant ce canal de pierre, surprise, un vieux bateau se dresse en suspension.

L’artiste mauricien Nirmal Hurry, auteur de l’œuvre commémorative des victimes des inondations de Port-Louis en 2013, est à l’origine de cette installation insolite. Son « Arche of Port-Louis » est une véritable pirogue mauricienne (bateau de pêcheur) remplie à ras bord de bouteilles en plastique.

Un message poétique et écologique : La pirogue de Nirmal Hurry descend des montagnes de Moka, et sur son chemin vers l'océan, ramasse toutes les bouteilles en plastiques pour faire de Maurice une île sans plastique.

Retro 2015 : Grafoezi de Patrice Offman

Nous repartons vers le Port mais la foule est immense. Sur l’artère centrale, La Place d’Armes est noire de monde, on la contourne par une petite ruelle bien connue des Port Louisiens, rue du Dr Ferrière. Une bonne idée qui nous permet de découvrir une installation interactive étonnante, et visiblement séduisante vu le nombre de curieux qui s’y approchent.

Dans le parking IBL le createur Patrice Offman présente « Grafoezi » une œuvre intrigante et fascinante. Dans l’obscurité du hangar, la lumière vit ici sous forme de pinceau qui se projette sur un mur noir comme des graffitis de lumière grâce à l’intéraction du public. Entre mouvement et immobilisme la chorégraphie créée un tracé tout en courbes, arrêté par moment par la projection d’une sorte de paysage lumineux. Une œuvre interactive et poétique rendue vivante par les mouvements du festivalier. Les festivaliers sont sous le charme et nous aussi!