Souvenez-vous… The 2100, le mur de RYMD

Tout le monde l’a vu. A quelques mètres de la vielle poste de Port-Louis, le long de la voie rapide traversant la capitale du Sud au Nord, du noir et du blanc se sont invités dans le paysage mauricien. Le mur interpelle. Mais peu connaissent la signification de l’œuvre intitulée The 2100, peinte par RYMD (prononcez Raymond).

« C’est un hommage à ces premiers travailleurs engagés indiens, 2100 d’après les archives, qui sont venus à l’Ile Maurice entre 1826 et 1834 » raconte l’artiste déjà auteur 6 mois plus tôt d’un mur remarqué rue Joseph Rivière en plein cœur de Chinatown. L’emplacement de son nouveau mur, peint lors de Porlwi by Light, n’est pas innocent. A une cinquantaine de mètres, plus au Nord, 462 000 coolies (des travailleurs engagés volontaires provenant à 97% d’Inde) ont débarqué sur le sol mauricien suite à l’abolition de l’esclavage entre 1834 et 1920. Une période dite « d’engagisme » symbolisée par un site, l’Aapravasi Ghat, classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Mon œuvre dépeint des portraits de ces coolies arrivés avant la grande immigration, pour tester la politique d’engagisme. Des portraits qui explosent en mille morceaux, mais qui restent liés comme des fragments de mémoire. Les personnages sont en train de supporter une masse qui les empêche d’exister » précise l’artiste. Le mur de RYMD dénonce symboliquement cette période trouble : « On a tendance à oublier que cette vague d’immigration c’était un moyen, non seulement de remplacer toute la main d’œuvre, mais aussi de masquer l’esclavage d’une manière sournoise. Une sorte d’esclavage moderne » explique l’artiste. De quoi regarder le mur de RYMD d’une manière bien différente…

Retrouvez notre série « Souvenez-vous… », une rétrospective par œuvre de la seconde édition de Porlwi by Light, au fil des prochaines semaines sur le blog de Porlwi.

Souvenez-vous… le mur de Floe

On quitte l’installation interactive de l’artiste mauricien Shesley Crustna pour marcher quelques mètres sur les vieux pavés de la rue St Louis, direction la rue Chevreau, au coin du chemin. Faisant l’angle, la terrasse du restaurant Courtyard – mise en place exceptionnellement durant Porlwi by Light – est bien remplie. Arrivé sur l’étroite rue Chevreau, calme et déserte, impossible de ne pas sentir une présence – dans son dos – pour le moins étonnante, massive et colorée. Sur un pan de mur est blotti un personnage haut en couleur aux rondeurs dignes d’un Botero !

Floe a frappé là où on ne s’y attendait pas ! Graphiste et muraliste de La Réunion, cette artiste aime représenter des personnages féminins et drôles. Sa réputation est internationale et ses collaborations prestigieuses : Playstation, Sega, Warner, Universal ou encore Coca-Cola ont fait appel à ses talents… Mais aussi de grands festivals français comme Les Eurockéennes, Rock en Seine ou Le Printemps de Bourges, pour la réalisation d’affiches très Pop.

Pour Porlwi by Light, Floe a beaucoup marché afin de s’imprégner de l’atmosphère de la ville : « J’ai dessiné une femme recroquevillée dans un angle de mur, essayant de se faire toute petite pour écouter et observer ce qu’il se passe dans le quartier. Tous ses sens sont en éveil, avec ses yeux écarquillés, à l’affût des odeurs des restaurants dans les ruelles, tout en tendant l’oreille, curieuse des discussions des passants. C’est un personnage qui est là pour regarder et être regardé. Cette idée m’est venue au fur et mesure de mes déambulations dans la ville » raconte l’artiste. Son personnage tient un parapluie. Pourquoi ? « Ce ne devait pas être un parapluie qu’elle tient dans la main mais j’ai voulu faire un clin d’œil à cette édition 2016 avec les pluies tropicales du Samedi soir » précise Floe.

Son expérience mauricienne, île voisine de La Réunion, a été très positive: « Le festival était une magnifique expérience humaine. J’ai pu découvrir un lieu chaleureux, ouvert et familial. Je me suis sentie chez moi » s’enthousiasme-t-elle. Et qu’a-t-elle pensé de la réaction du public à son œuvre ? « Les couleurs gaies, le côté malicieux de mon personnage ont interpellé pas mal de monde. Je voulais apporter de la joie avec cette fresque et je pense avoir réussi. » En effet, mission accomplie !

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Souvenez-vous… Human Movement de Shesley Crustna

A la frontière du festival, dans le joli et poétique quartier des rues St Louis et St Georges, un petit parking en plein air fait face au mur gigantesque de Quintessenz. L’artiste mauricien Shesley Crustna a pris possession des lieux (au côté du mur peint de l’artiste Chloé Ip dont nous vous parlerons prochainement) et en a intrigué plus d’un avec son installation technologique interactive, « une performance de danse filmée » précise son auteur. Car oui ici il fallait bouger, voir carrément se défouler, pour que l’installation prenne forme… et tout son sens. Les mouvements du ou des participants étaient retranscrits de manière abstraite par projection lumineuse sur un mur du parking.

Human Movement – Urban Inhibitions est l’œuvre d’un passionné de nouvelles technologies, un créateur fasciné par les interactions humaines. Fan de musique (il est à l’origine – avec ses amis Matsonic, Avneesh, etc… – des soirées électroniques « Sound of… » depuis 2010) et voyageur libre, Shesley Crustna nous raconte son expérience avec le public durant Porlwi by Light : « Pour voir l’œuvre, le public devait bouger. Les curieux qui se sont approchés ont pris le temps d’essayer, de comprendre et d’interagir avec l’œuvre. » Une installation atypique, pas évidente de premier abord, que les festivaliers les plus tenaces ont pu apprivoiser : « Un groupe de jeunes adultes m’avait fait rire. Ils sont arrivés tous ensemble, mais il est très difficile de faire fonctionner l’œuvre avec plusieurs personnes qui bougent en désordre. Ce groupe a fini par s’en amuser, jouer et enfin synchroniser leur mouvement » se réjouit Shesley Crustna.

Une installation technologique inspirante qui aura donné des idées à certains, comme cet « architecte qui a trouvé le procédé sympa et qui souhaitait trouver un moyen de l’intégrer dans une future construction. »

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Souvenez-vous… Room 712 de Quintessenz

Plus de 30 mètres de hauteur sur 8 mètres de largeur, Quintessenz ne fait pas dans la demi-mesure ! Ce duo Berlinois (Thomas Granseuer et Tomislav Topic) invité pour le festival Porlwi by Light et connu pour ses murs abstraits disséminés un peu partout en Europe, aura laissé une trace durable et particulièrement esthétique sur les murs de notre capitale.

Il en faut du recul pour contempler cette œuvre aux proportions monumentales, la plus vaste réalisée à ce jour pour le festival Porlwi by Light. Au détour de l’historique et pittoresque rue St Louis, impossible de le louper, entre le Courtyard et L’Atelier, le point de vue est idéal sur le plus haut pan de mur du parking Harel Mallac. Room 712 nouveau totem de ce quartier de la capitale. Un travail colossal et une réalisation géométrique complexe que Tomislav a peint seul (son compère Thomas étant resté en Allemagne) dans des conditions inédites : 6 jours de peinture, perché sur une petite nacelle, le tout en plein soleil, 30 degrés au compteur, avec comme seul ombrage un chapeau de paille !

La démarche de Quintessenz est minutieuse : « Avant de commencer la peinture j’ai pris beaucoup de photos de l’architecture de Port-Louis et de l’environnement du mur. Je les ai envoyé à Thomas en Allemagne qui a créé un collage digital. De mon côté j’ai rajouté des couleurs, inspirées de mes balades dans les rues de la ville. Notre univers abstrait s’est naturellement mélangé au contexte historique de Port-Louis, à travers son architecture et ma plongée dans la culture de la ville » raconte Tomislav sous le charme de son expérience mauricienne. « Je n’avais jamais vu un tel mélange culturel auparavant. J’ai rencontré des gens formidables, particulièrement réactifs à l’art. Peut-être parce que Maurice est une petite île ? Les retours ont été réjouissants, des plus jeunes aux plus âgés, visiblement intrigués par ce nouveau mur. » Tomislav, sourire aux lèvres durant tout son séjour, est reparti du festival Porlwi by Light marqué par de belles rencontres et conquis par l’atmosphère de Port-Louis : « C’était une expérience de vie marquante pour moi. Le peuple mauricien peut-être fier de sa culture et de son ouverture d’esprit ! »

Avec un tel enthousiasme, les formes et les couleurs du mur de Quintessenz, brilleront encore davantage dans l’imaginaire des passants de ce quartier de Port-Louis !

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Souvenez-vous… Interactive People Lights de Richa Gujadhur

L’œuvre la plus physique du festival ! En cette seconde édition marquée par le thème People, l’artiste mauricienne Richa Gujadhur a littéralement fait participer les festivaliers à l’illumination de la ville. Perchés sur un grand podium, le long de la rue Sir William Newton entre Queen street et la route royale, 3 vélos pour adultes et 1 vélo pour enfant ont suscités la curiosité des passants intrigués par cette drôle d’installation.

Il valait mieux prévoir une tenue de sport pour se lancer corps et âmes sur l’un des 4 vélos mis à disposition. A force de pédaler des lumières blanches, rouges, bleues et vertes (selon le vélo) s’allumaient, formant un toit de lumière, avec 15 chandeliers, sur la rue Sir William Newton. L’installation – un mix entre design, art, architecture et technologie – et le mouvement des chandeliers suspendus balancés par le vent, donnaient l’impression de voir voler « des créatures de mers ou des méduses » raconte l’artiste.

« L’objectif de l’installation était de ressentir et de voir l’implication du public dans l’éclairage des rues de Port-Louis » précise Richa Gujadhur. L’artiste – architecte d’intérieur de métier vue notamment à La Semaine du Design à Milan et Paris – a été séduite par la réaction spontanée d’un public mauricien venu en nombre et en famille : « Les passants, des jeunes enfants aux personnes plus âgés, semblaient tous excités à l’idée de monter sur les bicyclettes. Parfois des familles entières attendaient pour pouvoir utiliser les 4 vélos en même temps. J’ai pris beaucoup de plaisir à voir leur complicité et leur sourire sur le vélo pour maintenir les lumières allumées !»

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Souvenez-vous… Les Antennes d’Eric Le Maire

En 2015 une araignée géante faite de gaulettes en bambous avait pris possession de la cour de la vielle prison de Port-Louis. Pour la seconde édition de Porlwi by Light, Oliver Maingard a laissé la place au franco-mauricien Eric Le Maire pour habiller cet espace résonnant de l’histoire des lieux.

Eric Le Maire est un habitué des installations artistiques insolites. Cet artiste plasticien a exposé aux quatre coins du monde de Paris à San José (Costa Rica) en passant par New-York ou Shanghai. Pour Porlwi by Light Eric Le Maire a réalisé une œuvre étonnante et délicate : « Les Antennes ».

« Les Antennes sont un clin d’œil au radio télescope de Bras d’Eau (NDLR : situé dans le Parc national entre Roches Noires et Poste La Fayette), inauguré en 1992. Malheureusement peu de gens le connaissent. L’inspiration m’est venue en visitant l’endroit. Les antennes entièrement fabriquées pour le festival sont formées de 30 grandes tiges lumineuses de 3 mètres de haut fixées sur des ressorts. L’idée était que l’œuvre puisse promener notre regard vers les étoiles » nous explique l’artiste.

Une installation en phase avec le thème People de cette seconde édition : le public pour mieux l’apprécier devait la toucher. Et les gens, intrigués par cette succession de tiges suspendues, se sont pris au jeu ! «Les réactions du public étaient au-delà de mes espérances. C’était une œuvre qu’il fallait faire vivre et les visiteurs pouvaient jouer avec comme une harpe géante. Quand tout le monde se mettait à les toucher cela faisait danser les lumières. Le plus amusant était que certaines personnes touchaient avec douceur les tiges pendant que d’autres les secouaient très fort, un peu comme si l’œuvre révélait le tempérament de chacun ! » nous raconte Eric Le Maire conquis par cette belle interaction avec le public.

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People in the City : Dean Rungen et son message de solidarité

Dean Rungen, Portlouisien de cœur et de naissance, est tombé dans la marmite sociale quand il était petit. Né à Cassis, il est le fils de deux citoyens très engagés dans le milieu. Rencontre avec celui que tout le monde connaît dans les rues de Port-Louis, et qui nous parle de son rêve pour l’avenir de la capitale !

Après quelques années à aider ses parents dans le milieu social, Dean commence à rendre visite aux travailleuses du sexe, aux SDF, aux toxicomanes et aux séropositifs de Port-Louis à l’âge de 17 ans. « Avec eux, j’ai découvert un monde immense, dit-il. Ce sont mes role models ! ». Il étudie plus tard le Community Service Work au Charles Telfair Institute. Très actif au sein de l’association Safire qui soutient les enfants des rues, il lance avec les jeunes de l’association l’album 100 % zanfan koltar en 2014. Cette année-là, le jeune homme sera récompensé par le Outstanding Young Person of the Year Award pour sa contribution à la société !

Aujourd’hui, Dean travaille pour le Joint CSR Committee qui relie trois entreprises : Rogers, ENL Foundation et Eclosia ; mais il est aussi membre actif de Lacaz A, une initiative solidaire du Groupe A. Cette maison conviviale, installée à côté de l’église Immaculé à la rue Saint Georges, accueille gratuitement les rejetés de la société et tous ceux qui ont besoin d’une douche, d’un repas chaud ou tout simplement d’un peu de compagnie. Mais Lacaz A est aussi un espace d’écoute active où chacun peut s’exprimer en toute sécurité. « Notre vision, c’est de remettre l’Homme debout, explique Dean. Nous voulons redonner un sentiment de dignité à toutes ces personnes vulnérables qui vivent dans une pauvreté extrême. Nous avons appelé ce lieu Lacaz A car c’est mo lakaz, to lakaz, so lakaz… Mais A, veut aussi dire Amour, Accueil, Affection et Action. » Tous les lundis, Dean et ses collègues accueillent à Lacaz A un groupe de jeunes afin de discuter de sujets variés tels que le capacity building, l’estime de soi, le HIV/SIDA et les drogues. « Nous organisons des residential weekends pour les adolescents qu’on appelle les Wkd CADO, mais aussi week-ends à Foyer Fiat qui s’adressent aux parents dont les enfants souffrent du fléau de la drogue », ajoute-t-il. Enfin, Dean fait du psychosocial dans le centre suboxone à l’Hôpital de Mahébourg.

Chaque année, quelques jours après Noël, Dean et Jordan Ramsamy rassemblent leur groupe de jeunes pour l’Operation Happiness dont le but est de cuire à manger et rendre visite aux Portlouisiens défavorisés afin de partager avec eux un moment solidaire. « Nous faisons un tour de la ville pour aller à leur rencontre, fêter Noël avec eux, tap enn ti sega, leur donner un repas… ». Cette année, le rendez-vous est fixé pour le 27 décembre et Dean vous invite à donner de votre temps pour ces gens qui ont tellement besoin d’un peu d’attention ! « Noël n’est pas limité au don de choses matérielles, c’est aussi un moment pour le don du cœur », nous rappelle-t-il.

Quels sont les plus grands défis pour Port-Louis, du point de vue social ? A Port-Louis, beaucoup de personnes vivent dans une pauvreté extrême. C’est alarmant, d’autant plus que la pauvreté peut amener à la consommation de drogue. De mon point de vue, c’est important d’inculquer des valeurs humaines aux jeunes Portlouisiens venant de milieux défavorisés, mais aussi de leur apprendre à gérer un budget ou encore à être un bon parent – des choses qui nous semblent simples quand nous venons d’une famille solide. J’ajouterais qu’il ne suffit pas de donner un toit à ces personnes vulnérables, il faut aussi leur transmettre des compétences. Pourquoi pas dans les domaines de l’agriculture ou de l’artisanat ? Les autorités ne voient pas toujours ce besoin d’éducation.

Vois-tu de la solidarité pour les défavorisés à Port-Louis ? Il y a des gens de bon cœur et de bonne volonté, mais il faudrait plus d’initiatives et surtout créer plus de lieux où les personnes vulnérables peuvent se rencontrer, se nourrir, et apprendre. Mon rêve serait de créer un Resto du Cœur à la Mauricienne !

Quel est le Port-Louis de tes rêves ? C’est peut-être un rêve fou, mais j’aimerais assister à la réintégration des SDF et des toxicomanes. J’aimerais aussi qu’il y ait plus d’activités pour les jeunes dans la ville afin qu’ils soient plus actifs et moins vulnérables aux fléaux sociaux. Enfin, il faudrait plus de lumière… dans les rues et dans le cœur des gens !

Comment abordes-tu les personnes vulnérables ? C’est important de montrer beaucoup d’amour, de compassion, de patience, et d’empathie ; mais aussi et surtout de ne pas juger. Ces gens-là, ils n’ont pas choisi cette vie. Ça aurait pu être toi ou moi et j’ai d’ailleurs écrit une chanson sur ce thème.

Qu’est-ce qui te donne le courage de continuer ? Leur sourire m’encourage tout le temps, leur volonté aussi. Malheureusement, nombreux sont ceux qui retombent à cause des circonstances de la vie ; mais il faut rester, s’accrocher, et continuer à les soutenir.

Quels conseils aurais-tu donné aux jeunes qui veulent contribuer au développement de la capitale ? J’invite les jeunes à venir nous voir à Lacaz A pour discuter ensemble de la capitale et voir comment Port-Louis peut devenir une ville exemplaire en termes d’environnement, de solidarité et de loisirs. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire si nous mettons nos efforts en commun !

Lieu 9 : AC3 présente le parking IBL

Juste avant de monter dans l’avion direction Maurice, le collectif AC3 finalisait l’installation, en face de l’Opéra de Paris, d’un sapin géant en LED de17 mètres de haut entièrement interactif. Ce fameux studio de scénographie digitale installé à Paris débarque en force pour Porlwi by Light : 9 graphistes et ingénieurs ont pris l’avion pour investir l’un des plus grands sites de cette seconde édition, le Parking IBL. Cet ancien terminal ferroviaire proche du Caudan va se métamorphoser en un espace de technologie particulièrement impressionnant. Après avoir ressuscité le théâtre de Port-Louis lors de la première édition, Toma Roda (MotionWip) et l’équipe d’AC3 vous présentent : Interactive People !

Qu’allons-nous voir ? « On a souhaité que le spectateur qui entre dans cet immense hangar vive une expérience riche et unique. Toutes les œuvres sont endormies et prendront vie au contact des spectateurs. C’est eux qui activeront chacune des installations ! Il y aura 3 passages pour autant de manières de mettre en avant l’humain. Sans tout vous dévoiler, à la première étape, en entrant dans le hangar, vous vous trouverez dans un grand couloir fait de pans de lycra vidéoprojetés qui s’animeront par l’action tactile des visiteurs. Ensuite, vous arrivez à la seconde installation, la plus visible, avec 91 ballons LED suspendus dans les airs. Celle-ci invitera les visiteurs à former une chaîne humaine de 15 à 20 personnes afin de fermer le circuit électrique et de lancer l’animation… Mais rassurez-vous c’est totalement indolore ! Enfin, à la troisième étape, des petits pantins virtuels et amusants, qui reproduiront chacun vos mouvements sur un écran géant. »

Quel est le message ? « Notre idée est de montrer que les nouvelles technologies, utilisées de manière pertinente, peuvent encore créer des liens entre les gens. Prouver ainsi que la technologie n’est pas nécessairement un facteur d’isolement mais peut au contraire rassembler. C’est intéressant de voir que des personnes qui ne se connaissent pas peuvent être liées et dépendre les unes des autres, comme dans le cas de la chaîne humaine de la 2e étape. De même, par la 3e étape proposée dans notre parcours, nous avons cherché à amener une réflexion sur la perception que l’on peut avoir de nous-même… en se voyant très différemment par le digital. Tout le corps sera reproduit dans une esthétique imaginaire. De quoi dérouter et faire réfléchir ! L’interaction est quelque chose de ludique. On compte sur les visiteurs pour interagir et faire partie intégrante de ces installations ! Il ne s’agit pas seulement de voir mais surtout de vivre ces expériences. »

Un peu d’histoire… De 1864 à 1964 le chemin de fer s’étend d’est en ouest et du nord au sud pour transporter les passagers entre les villes, et les cannes à sucre entre les usines et le port. Bâtiment typique de l’architecture victorienne, l’actuel parking IBL était utilisé comme terminal ferroviaire pour les locomotives et wagons qui se déplacent à travers l’île. Le site est depuis 1990 transformé en parking.

Lieu 8 : Olivier présente le Caudan

Le Caudan Waterfront a 20 ans, ça se fête ! Le premier centre commercial d’envergure à Maurice aura ouvert notre capitale sur la mer. Devenu instantanément un lieu de vie incontournable, le Caudan s’apprête à se métamorphoser le temps de 3 soirs. Oliver Langevin, Event Manager du Caudan depuis 4 ans, vous présente les animations prévues pour Porlwi by Light.

Qu’allons-nous voir ? « Pour Porlwi by Light le Caudan devient le cadre d’un grand spectacle culturel qui représente un peu tous les continents, la Chine, la Russie, l’Inde, … L’idée c’est de regrouper toutes les cultures du monde autour des boutiques du Caudan qui resteront exceptionnellement ouvertes jusqu’à 22h. En arrivant au Caudan au niveau de l’allée Dias Pier (juste après le tunnel) l’artiste Pascal Pierre (NDLR : le pionnier de la production de musique électronique à Maurice) se produira en Live les 3 soirs. Sa musique évoluera en fonction du jeu de lumière mis spécialement en place. Au niveau du Casino, l’ambassade de Chine habillera la coque du bateau avec des lanternes. Enfin au cœur du Caudan, Place du Caudan, il y aura une grande scène et un décor tout en blanc. Le programme est très varié et enchaînera spectacles de danse et de marionnettistes avec des concerts du groupe fusion Electricity et un Dj set d’un Dj étranger mis à disposition par le Sunset Cafe. »

Quelle est l’idée ? « En participant à Porlwi by Light, l’idée c’est de faire vivre le Caudan le soir à travers l’Art et la Culture. Nous souhaitons que toutes les cultures puissent s’exprimer dans une belle ambiance conviviale. Il y a 20 ans, à l’inauguration du Caudan Waterfront, le site était une référence et les gens se pressaient pour venir découvrir une atmosphère différente. L’engouement était certain, même le soir. Notre objectif, aujourd’hui, c’est de redynamiser le lieu la nuit tombée. Nous sommes en train de recréer un dynamisme pour que le lieu vive davantage la nuit, et que le public redécouvre les charmes du lieu en fin de journée…La Culture est le meilleur moyen d’y arriver ! »

Un peu d’histoire… L’actuelle péninsule, appelée Le Caudan, créée autour d’un îlot corallien fossile a abrité au cours des 250 dernières années divers bâtiments : une poudrière, un observatoire météorologique et astronomique, des quais et chantiers maritimes, des entrepôts, …et le présent Caudan Waterfront, centre commercial inauguré en 1996.

Lieu 7 : Mélissa, Ingrid et Charles présentent le Grenier

Saviez-vous que durant la Seconde Guerre mondiale, une bâche en trompe l’œil avait servi à camoufler Le Grenier, trop visible depuis la mer, au cas où d’éventuels ennemis s’approcheraient de l’île ? Il s’agissait sans doute de la première installation Street Art de Maurice ! Lieu méconnu et peu valorisé, aujourd’hui transformé en parking, le Grenier va prendre une nouvelle dimension avec Porlwi by Light. Mélissa Leclézio (responsable projet), Ingrid Leste (responsable production et logistique) et Charles Henri-Genève (chargé de l’agencement de l’espace) dévoilent les animations prévues dans cet immense hangar au charme certain.

Qu’allons-nous voir ? « D’abord nous tenons à souligner que Le Grenier aura la particularité de vivre la nuit, mais aussi le jour durant le festival. Le lieu sera divisé en trois zones différentes. La première zone est dédiée à une exposition d’art contemporain de 18 artistes mauriciens et 2 street-artistes réunionnais Kid Kreol & Boogie (NDLR : Les auteurs de la grande fresque en noir et blanc sur un mur du bas de Sir William Newton Street lors de la première édition). Les artistes ont travaillé sur différents supports : installations, peintures, videos, etc. Chaque œuvre sera mise en valeur par un design lumière réalisé par Olivier Legendre. Une œuvre en particulier sort du lot : celle co-créée in situ avec l’artiste Leanda Brass et des artisans aveugles. Il y aura aussi une œuvre peinte en trompe l’œil sur un mur du Grenier par Oliver Maingard (NDLR : auteur de l’araignée de la première édition) qui restera après le festival, tout comme le mur de Kid Kreol & Boogie. »

« La deuxième zone c’est le Designer Store, un espace commercial conceptualisé par Elizabeth Chelin (My Pop-up Store). Le Designer Store sera ouvert de midi à minuit durant les trois jours de festival et mettra en vente des bijoux, des accessoires, des vêtements créés par 10 designers et créateurs mauriciens, mais aussi les produits dérivés de Porlwi. »

« Enfin, il y a le Porlwi Lab, qui sera ouvert la journée comme le soir à partir de ce mercredi 30 novembre. Il s’agit d’un lieu de rencontres et d’échanges où des ateliers et des conférences seront organisés sur des sujets liés aux enjeux culturels d’aujourd’hui. Il y aura par exemple un atelier pour les enfants autour de l’art contemporain qui sera animé par Caroline Martial au sein de l’espace d’exposition, mais aussi des conférences avec divers intervenants étrangers, comme Kid Kreol and Boogie pour le Street Art, le groupe The Two venu de Suisse pour la musique, et trois représentants de la Cité des Arts de La Réunion notamment. Le Porlwi Lab s’adresse aux enfants comme aux plus grands, aux curieux comme aux professionnels. »

Pourquoi le Grenier ? « Porlwi by Light essaie de faire découvrir un nouveau lieu au public chaque année. Cette fois-ci c’est le Grenier. Cet énorme bâtiment a été construit par les Anglais et était au cœur de l’économie mauricienne à l’époque. On veut que ce lieu au fort potentiel, malheureusement transformé en parking, reprenne vie et soit vu sous un nouveau jour grâce à l’art. L’objectif est de valoriser le patrimoine historique de notre capitale à travers ces initiatives artistiques. Tout le monde pourra s’exprimer librement. Il y aura d’ailleurs une boite à idées et un mur sur le thème : Comment mettre en lumière le patrimoine historique ?, pour que chacun puisse partager ses opinions, que ce soit par les mots ou par l’art. »

Un peu d’histoire… Construit entre 1929 et 1934, le Grenier servait d’entrepôt portuaire pour stocker les denrées destinées à l’importation et l’exportation. C’est le plus grand entrepôt de l’île Maurice. Aujourd’hui, ce bâtiment est converti en espace de parking.

Lieu 6 : Julien et Thomas présentent l’Aapravasi Ghat

Dans les derniers vestiges d’un site hautement symbolique de l’histoire mauricienne, Julien Venner et Thomas Meur se préparent à ouvrir les pages de leur magnifique ouvrage paru la semaine dernière : Mauriciens d’ici et d’ailleurs. 171 portraits d’une Île Maurice aux origines multiples, notamment issue de ces 420 000 travailleurs engagés passés par l’Aapravasi Ghat durant l’engagisme entre 1834 et 1920. Des portraits de gens de la vie de tous les jours mêlés à ceux de personnalités plus célèbres, pour refléter le plus équitablement possible les différentes composantes de notre Île Maurice et les différents métiers, parfois oubliés. L’un, Thomas, écrit, l’autre, Julien, photographie. Pour Porlwi by Light, leur livre prend vie sur les murs de l’Aapravasi Ghat !

Qu’allons-nous voir ? « Notre livre Mauriciens d’ici et d’ailleurs va prendre une autre dimension pendant Porlwi by Light. Nous avons sélectionné une dizaine de portraits parmi les 171 que l’on peut voir dans le livre. Ils vont servir de supports à différentes installations artistiques placées au cœur des vestiges historiques de l’Aapravasi Ghat. Il y aura des photos qui seront projetées sur les vieux murs dans une ambiance musicale qui variera selon le sujet. Des textes qui défileront et un livre géant, clin d’œil à notre livre, où les pages se tournent. Des textes seront lus par ces personnes dont nous avons réalisé le portrait. Au final le visiteur sera transporté dans des univers bien différents. »

Quelle connexion entre le livre et Porlwi by Light ? « Quand on a su que le thème de cette année pour Porlwi by Light était People nous avons tout de suite envoyé notre candidature via l’Appel à Participation mis en place par le festival. Notre livre rentre naturellement dans ce thème. Il aura nécessité 5 ans de travail et de rencontres pour que toutes les facettes de l’Ile Maurice, tous les métiers, tous les âges et toutes les opinions soient représentés justement. Maurice est une île qui se mérite, nous avons poussé les portes et rencontrer des gens incroyables. Parmi les 171 portraits il y a, pour l’anecdote, celui de Guillaume Jauffret (NDLR : le fondateur du festival avec Astrid Dalais, et l’actuel directeur artistique avec Emilien Jubeau), mais nous l’avons sélectionné pour son métier de danseur professionnel (NDLR : Guillaume Jauffret a connu une belle carrière de danseur en Europe avant de se consacrer à la production d’événements). »

Le livre « Mauriciens d’ici et d’ailleurs » est en vente au prix de Rs1990 dans les librairies Papyrus, Le Cygne, Le Trèfle, L’Atelier et les Bookcourt. Vous pouvez aussi commander directement l’ouvrage par mail sur editionsmarengo@gmail.com. Les 2 auteurs viendront alors vous le livrer en personne chez vous !

Un peu d’histoire… Site classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2006, l’Aapravasi Ghat (« le lieu d’arrivée des immigrants » en hindi) a vu débarquer 462 000 travailleurs engagés de 1834 aux années 1920. Ce lieu emblématique symbolise l’expérience menée par les Britanniques pour évaluer la viabilité d’un nouveau système de recrutement appelé engagisme, après l’abolition de l’esclavage dans les colonies en 1833. Le système engagiste initié à Maurice est à l’origine de la migration de plus de 2 millions de personnes à travers le monde.

Lieu 5 : Motus. Mo Lib à la Vieille Prison

Cachée, inaccessible et mystérieuse, la veille prison de Port-Louis restera comme la grande surprise de la première édition du festival. Après la formidable Evazion de l’année dernière que va-t-on retrouver dans ses cellules pour cette seconde édition ? Honneur à la littérature mauricienne; la plume et les mots seront les moyens d’évasion privilégiés pour un ensemble artistique intitulé Motus. Mo Lib. Chaque cellule est un duo, une rencontre entre un écrivain et un artiste, pour que vivent les mots.

Qu’allons-nous voir ? Les cellules de la vieille prison ont été investies par des artistes en duo: écrivain et plasticien. Chaque cellule est une oeuvre différente. Les textes et les mots d’écrivains mauriciens célèbres ou inconnus vont prendre une tournure plastique pour que la littérature mauricienne s’exprime sous une nouvelle forme. L’idée est de jouer sur l’esthétique de l’écriture. Les plasticiens interpréteront ces textes d’époques diverses, des années 1800 à nos jours.

Un peu d’histoire… La prison centrale de Port-Louis ouvre en 1839 avec une capacité dépassant les 300 prisonniers répartis entre les 92 cellules. Dans les années 1850, la prison s’agrandie avec la construction de 200 nouvelles cellules pour devenir le noyau central du système carcéral colonial. Cette prison est notamment le lieu où les prisonniers condamnés à mort sont pendus. Aujourd’hui à l’abandon, l’ancienne prison fait l’objet de projets de reconversion.

Lieu 4 : Azim présente le Théâtre de Port-Louis

Azim Moollan a la pression des grands soirs : « Normalement je peux dire couper on recommence…, là non ! » L’artiste cinéaste mauricien le plus prolifique de 2016 (pub, clip, exposition et un court-métrage, Rod Zegwi dan Pikan, qui aura fait le tour des festivals internationaux) quitte son drôle de caddie numérique et sa veste rose de la première édition pour s’attaquer à l’emblème culturel de notre capitale, le théâtre de Port-Louis. Cette étape marquante de la première édition du festival va prendre une nouvelle dimension. Azim Moollan ressuscite les souvenirs et vous présente « son voyage intérieur ».

Qu’allons-nous voir ? « C’est un mapping sur la façade du théâtre, proche de l’année dernière mais diffèrent : la projection vidéo servira de décor de fond a de vrais personnages, à la fois acteur et danseur, qui joueront en Live devant le théâtre. L’histoire, sans tout dévoiler, est un voyage introspectif à travers la mémoire d’un écrivain qui ressasse ses souvenirs d’un amour lointain. Techniquement la performance est un challenge, il n’y a pas de marge d’erreurs, tout doit être millimétré ! Nous travaillons depuis Juillet avec l’équipe d’AC3 sur l’animation vidéo (NDLR : Toma Roda de l’équipe d’AC3 était en charge l’année dernière du magnifique mapping intérieur et extérieur du théâtre), Cécile Gonzales pour la chorégraphie et Nicolas Zuber sur la composition musicale. »

La démarche et l’objectif ? « J’ai envie de toucher le mauricien, qu’il se retrouve dans cette histoire d’amour universelle. J’espère que le spectateur voyagera avec notre personnage et se laissera transporter par cette aventure. Je me pose beaucoup de questions sur la mécanique des souvenirs. Pourquoi les revivre ? Que se serait-il passé si… ? C’est presque une obsession ! »

L’expérience Porlwi by Light ? « C’est une super aventure humaine. J’adore travailler sur ce festival (NDLR : Azim Moollan avait aussi réalisé la vidéo teaser du lancement de la première édition). Tous les participants sont profondément passionnés de culture. Cela crée une émulsion créative hyper stimulante ! »

Un peu d’histoire… Inauguré en 1822, le théâtre de Port-Louis orné d’un dôme peint par l’ingénieur Vandermeesch, est l’un des plus vieux théâtres de l’hémisphère Sud. De nombreux spectacles de danse, de musique et de théâtre y sont joués depuis son ouverture. En 1851, le théâtre est acheté par la Municipalité de Port-Louis. Fermé depuis 2008, ce symbole majeur de la culture mauricienne devrait prochainement être restauré.

Lieu 3 : Nirveda présente le Jardin de la compagnie

Nirveda Alleck est une artiste peintre vidéaste à la vision sans frontières. Formée à l’Art entre l’Afrique du Sud et l’Ecosse, Nirveda Alleck est revenue il y a 13 ans sur son île natale. De ses expositions à la Citadelle ou à la Tour Koenig, elle aime faire dialoguer son art avec ces sites qui respirent l’histoire. Pour la seconde édition de Porlwi by Light l’artiste succède au duo Daniella Bastien-Jérôme Couchart et investit à son tour le poumon de verdure de la capitale, le Jardin de la Compagnie… pour un voyage dans une nouvelle dimension !

Qu’allons-nous voir ? « Durant Porlwi by Light, rentrer dans le Jardin c’est pénétrer dans une œuvre. Je me suis inspirée du triptyque de Jérôme Bosch, The Garden of Earthly Delights, un tableau mystérieux que j’aime beaucoup et qui a dû rester dans mon subconscient. Pour le Jardin j’ai voulu travailler avec l’Eau. Un élément dont on n’a pas le contrôle et qui prend son propre cheminement. J’aime travailler avec des éléments qui me surpassent. L’eau sera sous plusieurs formes : visuelle, tactile et sonore. Les visiteurs seront les acteurs principaux du jardin et rentreront dans le tableau à travers un jeu de reflets qui offrira une sensation d’infinie. Une sensation accentuée par la musique que j’ai travaillée en collaboration avec le producteur Pascal Pierre (NDRL : Guru, le producteur electro) et qui rythmera le voyage du visiteur. »

Pourquoi le Jardin de la Compagnie ? « Au départ cet endroit ne me parlait pas trop. En m’y intéressant de plus près il y a pourtant ici plein de choses qui se passent. C’est un endroit qui vit. Certains le traversent rapidement, d’autres y restent. L’endroit est habité. J’aurais aimé que certains aménagements que nous allons faire dans le jardin pour Porlwi by Light restent. Mais qui sait, au final, mon œuvre donnera peut-être des idées pour le futur du jardin ! »

Un peu d’histoire… Lieu historique du cœur de la capitale, le jardin de la Compagnie est aujourd’hui peuplé d’arbres centenaires. Le site a eu une vie mouvementée : somptueuse résidence en 1767, il devient ensuite un jardin dans lequel s’érige une salle de spectacle jusqu’en 1818. Le jardin accueille ensuite le Bazaar de 1814 à à 1816, date du grand incendie qui ravagea une partie de Port-Louis.

Lieu 2 : Avish et Geerish présentent la Place d’Armes

Avish et Geerish Khettur, le neveu et l’oncle, voilà un sacré duo d’artistes ! L’un est designer graphique, l’autre artiste sculpteur. Ces deux habitants de Mahébourg sont des spécialistes des installations atypiques et hors normes. Il y a 4 ans pour le centenaire de la bataille du Grand-Port ils avaient reconstitué des maisons de l’époque en paille. Pour Porlwi by Light, Avish et Geerish s’attaquent à l’artère principal de la capitale, la Place d’Armes. Dans leur atelier de Mahébourg ils ont conçu des personnages aux dimensions gigantesques qui seront installés le long de l’entrée de la capitale.

Qu’allons-nous voir ? « Tout le long de la Place d’Armes, il y aura 13 personnages d’environ 6 mètres de haut. C’est la première fois que nous réalisons une œuvre d’une si grande envergure. Ces personnages représentent des gens ordinaires de tous les âges. D’habitude, quand on fait une sculpture ou une statue, c’est pour représenter une personnalité importante ou une célébrité, mais ici, l’idée était de créer des personnages du quotidien où chacun pourra se reconnaître. Ces installations sont faites de grillage métallique, un matériau qu’on utilise généralement pour une base de sculpture et non une œuvre à part entière. Plusieurs variétés de grillages ont été utilisés, plus fins pour les cheveux par exemple, et plus épais pour le corps. »

Pourquoi cette œuvre ? « L’idée de départ vient d’Emilien Jubeau, le directeur artistique de Porlwi by Light. Ensuite, nous avons monté un prototype et expérimenté le rendu avec des jeux de lumières. Les personnages sont restés volontairement vierges en gris, une couleur neutre, pour ne laisser paraître aucune différence de couleur, de culture ou de religion. Au final ce sont 13 personnages pour à peu près 4 mois de travail à Mahébourg avec une équipe de 6 personnes. »

Pourquoi la Place d’Armes ? « A la base, c’est aussi Emilien qui nous a proposé la Place d’Armes. Et on a trouvé cela cohérent par rapport à l’œuvre. La Place d’Armes est la première rue visible quand on arrive à Port-Louis. C’est aussi là que tout le monde se croise, les enfants, les adultes, les travailleurs, etc. C’est le sens même de notre œuvre, la coexistence ! »

Un peu d’histoire… La Place d’Armes est le berceau historique du Port-Louis conçu par le gouverneur Mahé de Labourdonnais, fondateur de la capitale au XVIIIème siècle. C’est là qu’est construite la Loge fortifiée qui abrite les premiers bâtiments administratifs de l’île. C’est aujourd’hui un espace parsemé d’arbres où se croisent tous les peuples.

Lieu 1 : Jérôme présente le Port

Jérôme Couchart est un artiste débordant d’imagination ! Après avoir fait le design lumières du Jardin de la Compagnie pour l'édition 2015, il revient cette année dans ce festival qu’il adore en tant que directeur artistique du Port… Un lieu symbolique pour l’une des installations artistiques les plus complexes et attendues de cette seconde édition ! Plein phare sur le chapitre 1 de Porlwi by Light 2016 avec les mots de son créateur: Jérôme. L’odyssée promet d’être belle !

Qu'allons-nous voir ? « Il y aura quelques surprises mais je ne vais pas tout vous dévoiler avant le festival ! Je peux déjà vous dire que dans le Port il y aura un écran d’eau où sera projeté une vidéo créée par Toma Roda de l’agence parisienne MotionWip. C'est une vidéo qui raconte le voyage en mer de toutes les femmes et tous les hommes qui sont arrivés à Maurice. On fera revivre au public les périples en mer, de l'eau calme à l'eau agitée en passant par les temps orageux et les tempêtes. Par rapport au thème People, l’œuvre est très cohérente. Le Port est le cœur de Maurice, c'est là que tout a commencé et que toutes les origines que l'on voit cohabiter sur l'île sont arrivées. »

Quel est le message et l’objectif derrière l’œuvre ? « L’œuvre contient un beau message : la mixité fait la force. Au-delà je souhaite que le public et la nouvelle génération mauricienne, en voyant tous les éléments techniques que l'on utilisera pour l'installation, aient l'envie de se mettre à l'Art et de créer. En tant qu'artiste ce serait une belle victoire pour moi si j'arrivais à inciter les plus jeunes à la création. »

Combien de temps pour mettre en place cette installation ? « Il a fallu à peu près 6 mois rien que pour la réflexion. Évidemment, durant cette phase, je n'étais pas seul, tout le collectif Porlwi m'a aidé. Même démarche pour la mise en place particulièrement complexe qui découle d’une réflexion avec l’équipe de MotionWip, mais aussi avec Crystal Group qui a donné le matériel. »

Quelques mots sur Porlwi by Light ? « Porlwi fait revivre la capitale et la sort de l'ombre. Mais au-delà de cela, ce que j'aime avec ce festival c'est encore une fois de voir cette belle mixité dans les rues. J'ai aussi constaté l'année dernière que beaucoup d'enfants et d'adultes s'émerveillaient devant les œuvres, c'est beau de voir ça. De voir autant d'arts différents réunis dans un seul festival, c'est nourrissant et inspirant. Tout ça me motive à continuer l'aventure Porlwi ! »

Un peu d’histoire… Le Port servait autrefois d'escale sur la route des Indes. Il change de dimension sous le gouverneur Mahé de Labourdonnais en 1735, et se développe à partir des années 1770 pour devenir un port commercial incontournable de l'Océan Indien. En 1810, à l'arrivée des Britanniques, le port de la capitale mauricienne est le lieu d'importation d'aliments et de produits commerciaux, mais aussi le site d'exportation du sucre local.

Demandez le programme ! Street Art

Au-delà des installations artistiques aux quatre coins de Port-Louis le grand kiff de la première édition reste sans conteste ces murs gigantesques peints en Live durant les 3 soirs du festival. Porlwi remet ça et Jurgen Eric aka Gun responsable Street Art et membre des collectifs (prenez votre respiration) Bark in the Yard (Londres), Style Needs No Color (Berlin) et Army of Snipers (Hawaï), a ressorti son carnet d’adresses grand comme le Monde pour attirer des Street Artists en herbe ou confirmés, d’ici et d’ailleurs : « Si en 2015 nous avons voulu une programmation Street Art représentative des différentes techniques artistiques, cette année la programmation s’inscrit dans le thème People avec une grande diversité d’artistes et d’influences culturelles. La programmation fait aussi la part belle aux femmes et s’ouvre aux plus jeunes avec la participation de Milmvs et des écoliers de l’École du Centre. »

Porlwi proposera une nouvelle fois un équilibre entre une scène mauricienne émergente et une scène internationale foisonnante pour « établir un dialogue artistique, valoriser la scène locale et la décomplexer, dans l’optique qu’un jour, la scène mauricienne puisse s’exprimer dans d’autres festivals » nous explique Jurgen. 15 performances pour 7 artistes (ou collectifs) mauriciens et 10 artistes étrangers venus d’Allemagne, de Singapour, des États-Unis, de Chine, de France, de La Réunion, d’Autriche, tous attirés et inspirés par l’énergie que le collectif Porlwi emmène au pays et la diversité culturelle locale. Quel plaisir de voir tant de nationalités différentes et d’artistes reconnus se déplacer spécialement pour un événement culturel sur notre île !

Le Street Art et Porlwi poursuivent donc leur belle histoire pour « créer une nouvelle façon de découvrir Port-Louis, repenser des bâtiments et leurs places dans les quartiers de la capitale, et fédérer une communauté autour de ces œuvres » conclut un Jurgen Eric passionné par un mouvement artistique à l’impact universel.

Place aux artistes ! Découvrez la programmation Street Art du festival à travers les mots de son artisan Jurgen Eric aka Gun:

Kid Kreol & Boogie (La Réunion)

Born in Reunion Island, the artist duo met at l'Ecole des Beaux-Arts du Port. Their practice consist of an imaginative world that takes root in the Indian Ocean region and affirms their strong hope for the revival of the Kreol language and music. In an attempt to render this mythical world more tangible, they take their art to the streets, in particular to abandoned sites and wastelands that act as catalysts, conveying their message.

Wenna (China)

Born in 1981 in Beijing, Xingxing graduated with a Bachelor Degree of Art from the Academy of Arts & Design, Tsinghua University. She lives and works in Beijing and Jingdezhen (China) and specializes in mural artwork of incredible complexity, illustration, ceramics and sculpture.

Seth (France)

The French artist Julien Malland aka Seth, is on a mission to cover the world with his colorful street art. His work incorporates local symbols and subjects from the surroundings with the message being mostly playful and sometimes political. Seth is a founding member of the documentary series Les Nouveaux Explorateurs (Canal+), which allowed him to travel to all corners of the world whilst discovering a diverse set of local and international street art talent and exposing them to a global audience. (NDLR : la performance de Seth se fera dans l'Electro Square (photo) entouré d'artistes électro de l'île Maurice)

Quintessenz (Germany)

Quintessenz is a duo of artists from Berlin interested in materials, space and in the transition between the two. The accent is on film, installation, painting and experience, with an approach rooted in graffiti. They started out as a team in 2008, collaborating on projects during their time at the University of Applied Arts and Sciences Hildesheim. The "handmade" aspect is central to their practice. Their work combines the digital and analogue realms and encompasses formative and functional elements for an organic, substantial style. They embrace constant change and evolution (NDLR: Quintessenz va peindre sur le plus grand mur du festival : 35 mètres de haut !)

Frau Isa (Austria)

Frau Isa is an artist and illustrator living in her favorite city Vienna, Austria. Frau Isa loves to paint and convert paper, canvases, walls and other objects into fairy-tales. Most of the time she uses acrylics, but she also dabbles in digital art. Besides her life as an artist and member of The Weird Collective, she runs a small company for illustration and graphic design with her husband, Oliver, which runs by the name of Wald & Schwert.

Floe (La Reunion)

Floe is a graphic designer and muralist from La Reunion. She has produced designs and artwork for notable clients such as Playstation, Sega, Sony Music, Universal Music, Warner, Activision and Coca Cola, to name but a few. Her work is mostly figurative with a strong emphasis on funny, female characters.

The Ink & Clog (Singapore)

The Ink & Clog is the emergence of two individuals, Inkten and Clogtwo, a graphic artist and a graffiti writer, who paint eclectic murals throughout the world. Their body of work originates from Singapore and involves the exploration of vast mediums, from the complexity of the digital realm to the conception of fine arts.

Dévid (Mauritius)

Dévid is inspired by subjects which are irrational and mystical by nature. The artist is currently drawing in black and white using acrylic markers and felt-tips. He defends that everything is ever evolving, including his practice. He draws on paper, wood, walls and any other recyclable plane surface, and picks up elements of our daily lives. This practice is in line with his philosophy of liberating oneself of prejudices and seeing beauty in places and objects we don't expect. Ultimately he would like to create artwork which conveys messages of awareness and instigates reflection.

Milmvs (Mauritius)

Armenian-born Emil Movsisyan aka Milmvs is a founding member of the Primative Ö collective and living in Mauritius since 12 years. Nature is of great influence to the young artist's artwork. September 2015 was a pivotal month in his career, marking the debuts of the Primative Ö collective. He has come to understand that art and values can alter today's society and pave the way to a more open and creative way of life.

RYMD (Mauritius)

His favorite medium is acrylic paint for depths and texture, applied with knife or brush. One can see him doing random strokes at the beginning but at the end the brush swirls and paints between colors, looking for a place to exist and trying to meet other strokes like it.

Zola (Mauritius)

Twenty-eight year old Estelle Desvaux de Marigny aka Zola is what you would call a Renaissance woman. Mo nom blan, mo seve mazambik—she expresses her passion for Mauritian culture in her creations which include ravannes with hip motives, cushions with imprinted words, foot jewelry, to name but a few.

Shailee (Mauritius)

Twenty-three year old Elliah Lekshailee aka Shailee has been drawing since she first held a pen and intends to never put it down. Unlike most artists her work cannot be reduced to one specific movement or technique, but is drawn to intricate designs, detail and precision.

Chloe Ip (Mauritius)

Visual arts has attracted Chloé from a very young age. Following a course in photojournalism and her debut as a photographer, Chloe discovered her real passion in the art of collages. She evolved through a variety of techniques—sometimes digital but mostly handmade—with her imaginative worlds being composed of female figures, flowers, spiritual subject matter, the animal kingdom, to name but a few. Chloe has earned her reputation as a collagist, has been involved in the key visual of the Porlwi by Light 2015 festival, and since had numerous occasions to present her work to the general public.

EDC Banc-sy (Mauritius)

Without timeline, without restrictions, in numerous languages, the EDC Banc-sy collective mixes ancient history with today's imagination. The members of the collective are 9-10 years old, i.e. two hundred students of the Ecole du Centre, who have chosen personalities and icons of the Mauritian history as subject matter. The benches are a thematic representation of characters such as Pieter Both, Mahé de La Bourdonnais, Bernardin de Saint-Pierre, Paul and Virginia, Pope Hennessy, Queen Victoria, Sir Seewoosagur Ramgoolam, Ti-Frère, to name but a few.

Demandez le programme ! Street Light & Coups de Cœur

La capitale s’habille de lumières ! « Comme l’année dernière il y aura différents types d’œuvres dans la catégorie Street Light : des projections, du video mapping et des installations lumineuses » nous éclaire Geneviève, responsable des catégories Street Light et Coups de Cœur sur le festival. Mais, pour être en phase avec le thème People de cette seconde édition, une grande nouveauté s’imposait cette année : « Toutes les installations Street Light seront interactives » précise-t-elle. C’est dit, les 2, 3 et 4 décembre vous serez immergé au cœur de votre festival ! Geneviève fait monter la pression et vous présente les 4 installations Street Light de Porlwi by Light 2016 parrainé par Ciel:

InterACTIVE People Lights par Richa Gujadhur (rue Sir William Newton) « Comme son nom l’indique, l’œuvre de Richa Gujadhur est une installation interactive de lumières où les gens seront invités à pédaler sur des bicyclettes... »

Electrocaïne Showcase par electrocaïne & friends (rue Sir William Newton - Parking SBM) « Electrocaïne réalisera un vidéo mapping qui sera projeté sur le fameux mur peint lors de l’édition 2015 par Kid Kreol & Boogie. L’œuvre est interactive et verra la participation de plusieurs Djs locaux et internationaux. »

Human Movement - Urban Inhibitions par Shesley Crustna (rue St. Louis) «  Human Movement est une projection vidéo signée Shesley Crustna sur les mouvements d’un danseur dans différents univers de la ville. Comme le thème de l'année est People, naturellement, il y aura une interaction avec le public. »

Confidences d'un confiseur libre par Nicolas Schaub (rue Brown Sequard) « L'artiste réunionnais Nicolas Schaub est très attaché à notre île et n'a pas hésité à exprimer son enthousiasme vis à vis du festival. Je vous laisse découvrir en direct son œuvre, très prometteuse et basée sur une histoire vraie ! »

En parallèle Geneviève est aussi responsable de la catégorie Coups de Cœur sur le festival. Le principe : Laisser s’exprimer des œuvres originales qui n’ont pas trouvé leur place dans les autres catégories du festival : Street Light, Music, Art et Food. « Nous avons reçu une trentaine de candidatures pour la catégorie Street Light. Nos critères de sélection étaient l'originalité et la faisabilité du projet, mais aussi la créativité de l'artiste » conclut Geneviève, qui nous présente avec ses mots 6 des 8 œuvres Coups de Cœur :

Quand les Arts font danser les rues. Parrainé par Swan (Rue du Vieux Conseil, Rue de l’intendance, Impasse Swan) « Le but est de faire revivre ce coin historique de notre capitale et particulièrement la rue piétonne du Vieux Conseil en laissant s’exprimer tous les Arts le long de la rue. » Une idée originale de Tristan Bréville et du Musée de la Photo.

Mémoire d'antan par Gérard Paulin. Parrainé par SBM (Président John Kennedy Street) «  C’est une animation qui projette en image les scènes de la vie quotidienne dans notre capitale, d’hier et d’aujourd’hui, de 1735 à nos jours. »

Les Antennes par Eric Le Maire. Parrainé par Leal & Co. (Maillard Street - Parking Prison) « Eric Le Maire est un grand artiste français. Il s'est inspiré d'antennes de radio pour mettre en place son œuvre, faite de grandes tiges lumineuses. »

Attitude par Nirmal Hurry. Parrainé par Mr Bricolage (Jules Koenig Street) «  C’est le retour de l’artiste mauricien Nirmal Hurry, déjà présent l’année dernière. Il va mettre en lumière des silhouettes humaines…Une installation ingénieuse. »

Connected par Eric Lee. Parrainé par Hennessy Park Hotel (La Poudrière - Musée d'Histoire Naturelle) « Connected est une exposition photo du photographe Eric Lee qui démontre la connexion entre les peuples et la grande mixité de notre île. »

Demandez le programme ! Street Music

Stephan Jauffret-Rezannah est une encyclopédie de la musique mauricienne. Anne Lise Violette une spécialiste des découvertes musicales. Au jeu du qui est qui, impossible de les prendre à défaut : ils connaissent tous les artistes ! Le duo avait séduit l’année dernière avec une programmation d’équilibriste, entre découvertes musicales et talents confirmés. Cette année, Anne Lise et Stephan remettent le couvert en tant que responsables Street Music sur le festival et promettent « de belles surprises ! ».

« ll y aura 7 scènes Street Music réparties aux quatre coins du centre-ville, des scènes plus élaborées que 2015, et nous sommes heureux de travailler cette année avec les compétences techniques de ICHOS Production » précise Stephan. Ne cherchez pas, les scènes seront placées dans des nouveaux lieux (voir le plan), souvent inédits, comme le parking du Moulin (la plus grande) ou sur un trottoir de Chinatown, voire carrément insolite comme cet Electro Square rue Bourbon niché dans une sorte de cour intérieur en plein chantier, où la vedette française du Street Art, Seth, peindra un mur dans un univers de musique Electro. L’Electro, vous avez bien lu, est la grande nouveauté de cette année : « 2 scènes dédiées à la musique électronique seront installées. Nous avons sélectionné des producteurs qui proposent des performances Live et des compositions originales comme Broza Alex le directeur du Sakifo (!) ou le mauricien Cream Cracker » ajoute Stephan. Les artistes Electro joueront des sets de 1h30 (contre 45 minutes pour les autres performances musicales du festival).

Au total le Street Music accueillera 50 artistes ou groupes qui « joueront tous leurs propres créations » précise Anne Lise. Une programmation éclectique qui fait la part belle aux talents mauriciens. Les têtes d’affiche mauriciennes ? La star Blakkayo, l’excellent Richard Beaugendre, le grand succès 2016 Lin & Jason Heerah, la musique orientale très populaire de Sargam Band, les notes traditionnelles de Sagapataal (la tribu du projet electro de Guru), la world music de Zanzak, le quatuor instrumental de musique tamoule Les Vainikas ou encore le Blues de Nicholas Larché... Les belles promesses ? « On a hâte de découvrir les performances de A4C et leur Rap Créole, Cadenza et leur Sega Rodriguais, et Lill Migo au style très original pas loin d’un Keziah Jones qui va chanter dans une langue qu’il a inventé ! » annoncent Anne Lise et Stéphane en cœur. Et quid des étrangers ? « Il y a 6 groupes internationaux qui se déplaceront spécialement pour le festival dont les vedettes The Two (NDLR : Duo suisso-mauricien de Blues qui cartonne en Suisse composé de Yannick Nanette et Thierry Jacquard), mais aussi les Réunionnais de La Basse Tropicale, Afrique 2000, Black Ben, Sauvage Sound System et donc Broza Alex » ajoutent Stephan et Anne Lise.

Parmi cette programmation dont « l’objectif a été une nouvelle fois d’obtenir une balance entre découvertes et artistes confirmés dans le plus de styles musicaux possible » on notera la participation de 24 artistes issus de l’appel à participation. Une démarche indispensable au festival pour « donner la chance à des artistes talentueux de se faire connaître en leur offrant les moyens techniques et humains nécessaires » conclut Anne Lise après avoir auditionné 126 artistes !

Au final il y en aura bien pour tous les goûts : du Sega, du Reggae, du Seggae, du Blues, du Jazz, de la musique Tamoul, du Rap Maloya, de la Soul, de l’Electro,…impossible donc de ne pas y trouver son plaisir ! Un conseil ? Planifiez vos 3 jours en avance pour ne pas avoir de regrets !

Découvrez par ordre alphabétique la liste complète des participants :

3dom, A4C, Afrique 2000 (La Réunion), Aky, Al4rage, Anne Ga, Black Ben (La Réunion), Blakkayo, Blakkakoustik, Bref Trio, Broza Alex (La Réunion), Cadenza, Cream Cracker, Ekzonez, Eldiana & Les Derniers, Elpassi, Fabien Cornelius, Indizenn, Iyeh, Jasmine Toulouse, Katiolo Band, La Basse Tropicale (La Réunion), Les Vainikas, Lill Migo, Lin & Jason Heerah, Lionnel Cupidon, M Jazz, Matsonic, Maxi, Mexazz, Nicholas Larche, Olivier Cathan, Richard Beaugendre, Rougay, Rudy, Sadrina Duval & Zanfan Sion, Sagapataal, Sargam Band, Sauvage Sound System (La Réunion), Stand By, The Mood Magnets, The Two (Suisse / Maurice), Trwakar, Yclov & Smooth Groove, Zanzak, Zion.

Les petits Banksy de l'Ecole du Centre à l'assaut de Porlwi

L'appel aux talents lancé par Porlwi by Light n'a pas laissé insensibles les élèves de l’École du Centre. En découvrant cette annonce en juin sur Facebook, plusieurs classes se sont mobilisées pour envoyer leur candidature, avec l’idée de développer ensemble des projets artistiques. C'est ainsi que se sont constitués les collectifs Nad'Art et Banc-sy dont les projets ne manquent pas de panache !

Honneur aux plus jeunes. Les élèves du collectif Nad’Art, âgés de 8 ans, ont été bien conseillés : avec leur parrain Tristan Bréville (photo Place du Moulin), ils ont sillonné en octobre la rue Farquhar au cœur de Port-Louis pour y photographier les artisans et commerçants. Le sujet imposé : « un visage, un outil, un produit ». Le collectif a ainsi rendu hommage à ces hommes et ces femmes qui font vivre quotidiennement Port-Louis. Avec ces photos en noir et blanc, les élèves veulent raconter la vie d’une rue, la mémoire d’une ville, l’histoire d’une île. Pour Alain Gaudron, directeur du primaire de l'Ecole du Centre, ce projet est « un clin d'œil et une grande fierté. Un clin d'œil parce qu'il a permis aux élèves de mieux connaître et rencontrer leur pays en photographiant les autres. Une grande fierté  parce qu'ils ont été accompagnés dans ce projet par un grand photographe, Tristan Bréville, témoin depuis de nombreuses années de la vie mauricienne. Une grande fierté également parce que les élèves de l'Ecole du Centre participent à ce très bel événement dans sa deuxième édition qui a réuni et réunira encore les Mauriciens dans leur capitale ». Les photos seront projetées au Grenier durant le festival.

Porlwi by Light a aussi attribué à l’École du Centre-Collège Pierre Poivre dix bancs de l'esplanade du Port-Louis Waterfront. Les 200 élèves du collectif Banc-sy, âgés entre 9 et 10 ans, se mettent dans la peau du plus célèbre des street artistes, Banksy, et vont habiller ces bancs, transformés en une œuvre d'art le temps du festival. On notera le très joli jeu de mots ! Les jeunes artistes du collectif, aidés par Jurgen Eric (membre du comité artistique de Porlwi by Light et responsable Street Art sur le festival) et par l'artiste Nathalie Jauffret-Rezannah, ont décidé de décliner leur œuvre collective en s'inspirant de dix people liés à l'histoire mauricienne : Pieter Both, Guillaume Dufresne d'Arsel, Mahé de La Bourdonnais, un esclave, Bernardin de Saint-Pierre, Paul, Virginie, Pope Hennessy, une coolie et la reine Victoria. « L'idée était de partir des personnages d'hier comme inspiration d'une expression artistique contemporaine », nous explique Christine Chompton, référent culturel à l'Ecole du Centre. Pour Carine Vaillard, chef d'établissement de l'Ecole du Centre-Collège Pierre Poivre : « Cette action s’inscrit pleinement dans le projet de l'établissement et tout spécialement dans son volet culturel. L’opportunité offerte à chacun des élèves participant à cette aventure exceptionnelle marquera durablement leur parcours scolaire et culturel ! » Les enfants viendront poser leurs œuvres la veille du festival sur l'esplanade du port. On a hâte de voir le résultat de ces petits Banksy !